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Le cinéma libre d’André Forcier

Embrasse-moi comme tu m'aimes
Photo courtoisie Une scène d’Embrasse-moi comme tu m’aimes, le nouveau film du cinéaste québécois André Forcier.

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Cinq ans après la sortie de Coteau Rouge, le cinéaste André Forcier, «l’enfant terrible du cinéma québécois», est de retour avec son 13e film, Embrasse-moi comme tu m’aimes, un drame d’époque fantaisiste qui nous transporte dans le Montréal des années 1940.

La sortie d’un nouveau film de Forcier­­ est un véritable événement dans le petit monde du cinéma québécois. C’est que le réalisateur de L’eau chaude, l’eau frette, La Comtesse de Bâton Rouge et Une histoire inventée nous a habitués à prendre son temps entre chacune de ses œuvres, qu’il écrit, réalise et peaufine toujours avec son style si singulier.

Récompensé par deux prix au dernier FFM, Embrasse-moi comme tu m’aimes relate l’amour impossible entre Pierre (Émile Schneider) et sa sœur jumelle Berthe (Juliette Gosselin­­). Jeune homme idéaliste, Pierre ­rêve d’aller à la guerre, mais il ne peut quitter le domicile familial parce qu’il doit prendre soin de Berthe, qui est ­infirme de naissance et sur qui il ­fantasme secrètement.

«Je me suis toujours demandé ­pourquoi mon père n’était pas allé à la guerre», explique André Forcier lorsqu’on le questionne sur l’inspi­ration de son nouveau film.

«Il s’entraînait, mais il avait peur de la conscription et il ne voulait pas y ­aller. J’ai donc voulu écrire une ­histoire avec un héros qui voulait aller à la guerre, mais qui devait rester cramponné à Montréal à cause de ses obligations filiales avec une sœur jumelle­­ qui l’accuse de l’avoir para­lysée avec son cordon ombilical.»

«Le thème de l’inceste est apparu pendant l’écriture du scénario, mais je ne voulais pas faire un film sur ­l’inceste hyper psychologique où les personnages s’entredéchirent. J’ai donc créé un personnage qui est ­assailli par les fantasmes de sa sœur. Le titre du film est d’ailleurs un peu trompeur. Ce n’est pas un film sur des gens qui s’embrassent. C’est un film sur un gars qui est habité par le ­fantasme de sa sœur.»

«Un marchand de liberté»

Si Embrasse-moi comme tu m’aimes réunit à l’écran plusieurs jeunes acteurs­­ (Émile Schneider, Juliette Gosselin, Mylène Mackay, Luca Asselin­­), André Forcier a aussi écrit certains rôles de son film à des acteurs­­ qu’il a souvent dirigés dans le passé, comme Céline Bonnier et Roy Dupuis, deux habitués de l’univers fantaisiste du ­cinéaste québécois.

«C’est mon cinquième film avec ­Forcier et c’est toujours un plaisir, déclare­­ Céline Bonnier Pour moi, Forcier­­ est unique. Jouer pour lui nous laisse beaucoup de liberté et d’espace pour créer. Tout est permis dans ses films.»

Même son de cloche du côté de Roy Dupuis: «Pour moi, Forcier est un ­marchand de liberté», indique l’acteur qui en est à sa quatrième collaboration avec le ­réputé cinéaste.

«Il ne peut pas vivre sans raconter des histoires et il a sa façon bien à lui de les raconter. On ne le verra jamais aller tourner une publicité, par exemple. Il a besoin de raconter ses histoires et de ­laisser libre cours à son imagination.»

«Forcier est un pilier, ajoute Céline Bonnier. Il crée des univers très poétiques et colorés, mais il est aussi très cultivé au sujet de la petite et la grande histoire du Québec. Il y a toujours des références à notre histoire dans ses films. À sa façon, il raconte le Québec.»


♦ Embrasse-moi comme tu m’aimes prend l’affiche le vendredi 16 septembre.