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Un millier de moutons égorgés pour une fête musulmane

Les bêtes sont ensuite entièrement cuisinées et consommées par les participants

Des centaines de moutons ont été égorgés, puis consommés par les participants à la fête de l’Aïd dans un champ du Centre-du-Québec.
Photo Amélie St-yves Des centaines de moutons ont été égorgés, puis consommés par les participants à la fête de l’Aïd dans un champ du Centre-du-Québec.

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L’AVENIR | Des centaines de moutons ont été égorgés en plein air par des milliers de musulmans réunis sur une ferme du Centre-du-Québec pour la fête la plus importante de leur calendrier religieux, lundi.

L’esprit était à la fête pour l’Aïd al-Adha, ou fête du Mouton, une célébration où un agneau est sacrifié en guise d’offrande.

Après avoir coupé la gorge d’un millier de moutons dans un champ de la municipalité de L’Avenir, près de Drummondville, les musulmans ont préparé la viande, et ont fait brûler la tête et les pattes avec une torche.

Pendant que les hommes fraternisaient, les enfants jouaient au ballon ou avec des moutons encore vivants. Les femmes discutaient entre elles.

Michel Cloutier, le propriétaire de l’élevage de moutons du chemin Ployard, s’est toutefois fait très discret.

Des centaines de moutons ont été égorgés, puis consommés par les participants à la fête de l’Aïd dans un champ du Centre-du-Québec.
Photo Amélie St-yves

«Ça leur permet de garder leurs traditions, moi je fais juste leur vendre les moutons», a-t-il dit brièvement.

Les animaux étaient vendus au poids vivant, pour une somme pouvant facilement atteindre 300 $ ou 400 $ par bête, selon les participants.

Les inspecteurs du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) et un vétérinaire sont passés, escortés de la Sûreté du Québec en début d’après-midi, pour vérifier l’état des lieux. Il a été impossible de savoir lundi si la ferme a été prise en défaut.

Couteaux bien aiguisés

Chouiter Abdelkader, qui a pratiqué la médecine vétérinaire en Algérie pendant dix ans, a tué son mouton en début d’après-midi.

«Notre but, c’est de faire sortir le maximum de sang», parce que ça rend la viande meilleure, dit-il, en surveillant son mouton agonisant.

Selon lui toutefois, les spasmes de l’animal ne sont pas synonymes de souffrances.

Des centaines de moutons ont été égorgés, puis consommés par les participants à la fête de l’Aïd dans un champ du Centre-du-Québec.
Photo Amélie St-yves

«On coupe les nerfs dans le cou pour moins de douleur. Au bout de trente secondes, c’est la mort cérébrale. Les muscles, c’est normal qu’ils bougent encore», explique-t-il.

Ahmed, qui préfère taire son nom de famille, a quant à lui égorgé trois moutons dans la journée. Un pour sa famille, et deux pour des propriétaires qui ont été incapables de donner la mort à la bête.

«Ça prend un couteau très bien affilé. Il ne faut pas torturer la bête», dit-il.

Il admet que la scène n’est pas facile à voir pour tout le monde.

«Mais si on regarde la souffrance comme telle, on va tous être végétariens », poursuit-il.

Les musulmans consomment ensuite la quasi-totalité de l’animal, mais le geste reste avant tout religieux.

Qu’est-ce que l’Aïd al-Adha?

Le jour du sacrifice, aussi appelé fête de l’Aïd, est la fête la plus importante du calendrier musulman. Elle symbolise la foi en Allah.

La croyance religieuse raconte qu’Ibrahim a rêvé trois nuits de suite qu’il allait égorger son fils Ismaël.

Au moment où il s’est rendu à la volonté d’Allah d’égorger son propre garçon, l’archange Gabriel a substitué l’enfant par un mouton, qui a été sacrifié à sa place.

Depuis, les musulmans égorgent des moutons pour symboliser leur dévotion à leur Dieu.