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Débat de Drummondville: volte-face de Cloutier sur les signes religieux

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DRUMMONDVILLE – La volte-face d’Alexandre Cloutier sur l’interdiction du port de signe religieux pour les enseignants a été mise en lumière alors qu’il a croisé le fer avec Jean-François Lisée au cours d’un second débat mouvementé sous le thème de la laïcité.

M. Cloutier avait fait cette proposition lors de la course à la chefferie de 2015, mais l’a retiré au cours de la semaine dernière, car elle ne faisait pas consensus. Il maintient toutefois qu’il souhaite s’inspirer de la commission Bouchard-Taylor et interdire les signes ostentatoires pour les personnes en autorité, comme les juges, les policiers et les gardiens de prison.

Ça n’a pas empêché Jean-François Lisée d’affirmer que M. Cloutier a soutenu une politique qui conduirait à des licenciements dans la fonction publique.

Le coup a porté. Lors de ses remarques finales, Alexandre Cloutier a précisé que jamais «sous sa gouverne quiconque ne va perdre son emploi». «Je veux une société ouverte qui tolère la différence», a-t-il lancé. Au cours du point de presse qui a suivi, M. Cloutier n’a pas été capable de répondre aux journalistes sur les conséquences qu’encourrait le port de signe religieux s’il est interdit. «Pour l’instant, il n’y a pas d’exemple», a-t-il dit.

Plus tard, son équipe a fait savoir que la proposition d’inclure les enseignants dans la liste du personnel qui doit rester neutre était larguée. «Elle faisait partie de la proposition initiale, mais il veut maintenant travailler sur les consensus», a affirmé Dominique Vallière. Il cite un blogue de M. Cloutier sur le site du Huffington Post publié il y a six jours.

Lisée provoque une «fracture» ?

Sur la question de la laïcité, M. Cloutier a été le premier à jeter les gants en accusant Jean-François Lisée de provoquer une «fracture» dans le mouvement souverainiste avec sa «charte des valeurs 3.0» alors que le troisième débat de la campagne à la direction du Parti québécois, qui avait lieu à Drummondville, tirait à sa fin.

Pour le candidat Cloutier, la position de M. Lisée, qui souhaite faire des campagnes de promotion contre le port de signes religieux rend n’est pas tenable et va causer de la «chicane». «Dire à une prof qui porte le voile que ce n’est pas l’idée du siècle, puis dire qu’on laissera les gens juger, ça va mener à la division. Ça va mener à des chicanes», a lancé M. Cloutier.

Lisée instrumentalise le débat

Il n’est pas le seul à prendre pour cible Jean-François Lisée. Martine Ouellet l’accuse carrément d’instrumentaliser ce débat pour faire des gains politiques, ce qui s’apparenterait selon elle à la campagne péquiste de 2014. «Vous avez vu le résultat», a-t-elle dit à la presse.

Paul St-Pierre Plamondon a insisté sur l’importance de recruter des néo-québécois au sein du PQ.