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«Mon Beaugarte est à vendre»

«Mon Beaugarte est à vendre»
Photo d'archives, SIMON CLARK

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«Mon Beaugarte est à vendre.» Après 34 ans à se coucher à 3h ou 4h du matin, le temps est venu «de passer le flambeau à quelqu’un d’autre» pour Jean-Pierre Goulet.

Plusieurs groupes sont intéressés, dont le steak house Madisons New York Grill & Bar, comme le mentionnait aussi Le Soleil.

M. Goulet est bien conscient de la valeur du vénérable établissement, qui ne pourrait être mieux situé : boulevard Laurier, près des cégeps, de l’Université, des bureaux de fonctionnaires, des grands centres commerciaux, alouette. Chose certaine, le prochain locataire, «ce ne sera pas un magasin de linge, ce sera un majeur!» prévoit M. Goulet.

Il reste neuf ans au bail signé avec Cominar, avec des options pour encore 20 ans. La chose vaut son pesant d’or.

Comme Humphrey Bogart

Mais pourquoi Beaugarte, au juste? Les quatre fondateurs aimaient bien l’image que projetait l’acteur Humphrey Bogart, mort en 1957 au rang de légende du cinéma. Les gens de la publicité ont simplement suggéré de franciser le nom.

Le monsieur avait de la classe, et au Beaugarte, ils en voulaient. À une certaine époque, on n’y mettait pas les pieds s’ils étaient chaussés avec des espadrilles. Le veston était de rigueur. «Ç’a été très difficile de choisir notre clientèle. On mettait l’accent sur l’image.»

Le concept de restaurant-bar-discothèque était quelque chose de nouveau au début des années 80 et la clientèle a beaucoup aimé, se souvient-il.

Son bar existe depuis plus longtemps que Place Sainte-Foy. Il se rappelle qu’à l’époque, ses clients se stationnaient jusqu’à l’emplacement actuel du Simons. À l’époque des Nordiques, les joueurs et les entraîneurs se retrouvaient souvent au Beaugarte. Le propriétaire se payait de la publicité dans le journal pour montrer les vedettes qui étaient passées la veille.

Mais les temps changent. Le Beaugarte aussi, d’ailleurs, et M. Goulet s’en bombe le torse. «C’est une des plus belles discothèques à Québec, c’est encore à la fine pointe de la technologie, je me suis tout le temps renouvelé.» Il a investi 1 million $ en deux ans. Il a fait changer récemment l’éclairage et le système de son. «Flo Rida, quand il est venu? Il est venu chez Beaugarte!»

À 71 ans, M. Goulet n’est pas pressé. «Oui, je suis à vendre, j’écoute ce qui va se passer, mais je suis à vendre si j’ai mon prix! S’il faut que je reste trois ou quatre ans encore, je vais rester.»