/opinion/columnists
Navigation

Le spectacle nécessaire de l’UPAC

Coup d'oeil sur cet article

Donc, si on se fie au maire Jean Tremblay, l’UPAC «en met beaucoup» et donne un «spectacle pas nécessaire» lorsqu’elle débarque dans son hôtel de ville. Voulez-vous bien me dire comment l’UPAC pourrait faire autrement?

Imaginons un instant que les enquêteurs de l’UPAC procèdent comme semble le souhaiter le maire. Ils avertissent quelques jours à l’avance, ils font le tout discrètement, pendant que les employés travaillent sur leurs ordinateurs et se promènent d’un bureau à l’autre. Est-ce que ça vous inspire confiance?

Comment percevrions-nous une intervention de l’UPAC qui se déroulerait en catimini? Comment réagirait-on en l’apprenant deux semaines plus tard dans les médias? Encore pire, en sachant que Monsieur le Maire avait été averti avant?

Un tel comportement ne ferait que soulever des questions tout à fait légitimes chez les citoyens. Le maire a-t-il parlé à ses proches? Ont-ils fait le ménage de leurs disques durs? Y a-t-il une conspiration entre tous ceux qui ont quelque chose à se reprocher? L’UPAC est-elle de connivence? Ne l’oublions pas, la population est rendue cynique et méfiante envers les politiciens, et avec raison. À partir du moment où on donne l’impression qu’on agit en cachette et en consultation, tous les questionnements, même les plus ridicules, sont permis.

L’UPAC doit agir rapidement et fortement pour écarter tous les soupçons. Elle doit pouvoir travailler sans obstruction et avoir accès à tout. L’UPAC doit arriver gros, arriver fort, et barrer les portes. Elle doit avoir la liberté de relever et de ficher tout ce qui est suspect, mais également être en mesure de vérifier tout le reste, au fur et à mesure des découvertes et des déductions. C’est la seule façon de garder la confiance du citoyen, meurtri par les grandes et petites entourloupettes politiques.

FRAPPER FORT ( POUR DE VRAI )

Pour ceux qui ont trouvé que l’UPAC est arrivée comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, ou comme Eugénie Bouchard dans une chambre d’hôtel bruyante, consolez-vous. Ce n’est rien comparé à ce que le gouvernement Couillard a dû gérer un jour de budget, alors que l’UPAC a procédé à l’arrestation de sept personnes, dont l’ancienne vice-première ministre Nathalie Normandeau. Un vacarme assourdissant qui en disait long.

On aurait dit quoi si on avait appris que Philippe Couillard avait demandé à l’UPAC de reporter son coup de filet de quelques jours, question de ne pas porter ombrage à son budget? Oui, vous avez raison, il y aurait eu des questionnements. Légitimes et inquiétants. L’UPAC ne peut pas travailler main dans la main avec les élus si elle veut garder son aura d’impartialité.

LE SENS DU SPECTACLE

Ce que Jean Tremblay a reproché à l’UPAC cette semaine n’avait aucun sens. Un politicien aguerri comme lui le sait très bien. Dans un souci de logique et de transparence, l’UPAC doit agir comme elle le fait et d’aucune autre façon.

Peut-être que Monsieur le Maire, maintenant chroniqueur à la radio de Québec, peut plaider coupable à sa propre accusation: celle d’avoir donné un spectacle pas nécessaire...

 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.