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Selon la Banque du Canada, les bas taux d’intérêt auront un impact sur les revenus de retraite

De passage à Québec mardi, le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a souligné que les épargnants canadiens devront apporter les ajustements qui s’imposent pour s’adapter à la réalité des faibles taux d’intérêt qui est là pour durer.
Photo Didier Debusschère De passage à Québec mardi, le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a souligné que les épargnants canadiens devront apporter les ajustements qui s’imposent pour s’adapter à la réalité des faibles taux d’intérêt qui est là pour durer.

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Les ménages canadiens devront apprendre à vivre avec des bas taux d’intérêt au cours des prochaines années, ce qui aura un impact important sur leurs revenus de retraite, prévient la Banque du Canada.

De passage à Québec mardi, le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a souligné que les épargnants canadiens devront apporter les ajustements qui s’imposent pour s’adapter à la réalité des faibles taux d’intérêt qui est là pour durer.

Résultat

Les Canadiens doivent s’attendre à travailler davantage, à mettre plus d’argent de côté et à répartir autrement leurs placements dans une économie où la croissance sera faible (1,5 % en moyenne).

«Les gens disent craindre, et avec raison, de ne pas pouvoir vivre de leur épargne. Je compatis à leurs inquiétudes, que je peux très bien comprendre», a indiqué le gouverneur devant les membres de l’Association des économistes québécois, du Cercle finance du Québec et de CFA Québec.

La Banque du Canada soutient qu’en raison de forts vents contraires soufflant en ce moment sur l’économie canadienne, elle devait appliquer une politique monétaire expansionniste prônant de faibles taux d’intérêt.

Le scénario d’assister à une hausse importante du taux directeur de la Banque du Canada, qui est actuellement à 0,5 %, devient ainsi de moins en moins plausible.

Les entreprises aussi

Selon la Banque du Canada, les entreprises canadiennes devront elles aussi s’ajuster aux faibles taux d’intérêt en réduisant leurs attentes quant aux rendements futurs des investissements. «Si les entreprises comptent sur des rendements comparables à ceux observés avant la crise, elles ne risquent pas d’investir de sitôt», a fait valoir le gouverneur.

Chemin faisant, «un rendement de 4 % sera plutôt bon en fin de compte dans le contexte actuel» pour les entreprises canadiennes.

La Banque du Canada est d’avis que l’investissement dans les infrastructures, les accords de libre-échange (avec l’Europe et le Partenariat transpacifique) et moins de barrières tarifaires entre les provinces sont des mesures qui pourraient être grandement bénéfiques pour l’économie canadienne ces prochaines années.

La Banque du Canada estime que ces politiques pourraient rapporter 100 milliards $ de plus par année dans les poches des Canadiens d’ici 2025.

«Dans un contexte où les taux vont rester bas pendant encore un moment, on ne peut tout simplement pas manquer de telles occasions», a signifié M. Poloz.

Enjeu international: la montée du protectionnisme inquiète le gouverneur

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, juge inquiétante la montée du protectionnisme un peu partout sur la planète.

«Cela m’inquiète. C’est un sujet qui demande de l’appréciation pour les bénéfices et les retombées positives des accords de libre-échange», a-t-il indiqué au Journal.

Aux États-Unis, le candidat républicain Donald Trump a dit qu’il renégocierait l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, en vigueur depuis 1994, s’il était élu à la Maison-Blanche.

De son côté, la candidate démocrate, Hillary Clinton s’est engagée à ne pas ratifier le Partenariat transpacifique, un vaste accord qui rendrait caduc l’ALENA.

Le rôle de bien informer

Le gouverneur de la Banque du Canada dit compter sur les chefs d’entreprises pour bien expliquer les enjeux et les bienfaits du libre-échange au Canada.

«C’est la tâche des présidents d’entreprise et des patrons de faire comprendre à leurs employés l’importance du libre-échange pour leurs emplois et pour leurs entreprises. Il est important que les communications soient bien balancées», a-t-il souligné.

L’an dernier, les entreprises canadiennes ont exporté des biens pour une valeur de 397 milliards $ aux États-Unis, soit 76 % de nos expéditions à l’étranger.