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Une mère endeuillée enfin reconnue comme victime

Nadine Brillant
Photo d'archives Nadine Brillant a appris la mort de ses deux enfants à la télé, alors qu’elle a reconnu l’ancienne maison familiale sur les images diffusées.

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Depuis le jour où son ex-conjoint a «volé» la vie de ses deux enfants en les immolant par le feu, Nadine Brillant se bat pour être reconnue comme «victime». Mardi, la Cour supérieure lui a donné raison, après un combat qui aura duré un peu plus de quatre ans.

C’est en regardant la télévision le matin du 10 juillet 2012 que Nadine Brillant a compris le cauchemar qui allait désormais faire partie de sa vie.

Ce matin-là, elle devait se rendre au palais de justice pour reprendre la garde complète de ses deux enfants, Karen et Lindsey, à leur demande.

Toutefois, quelques minutes avant de quitter la maison, elle a vu à la télévision qu’un drame familial venait de survenir à Warwick, sur la rue Richardson qu’elle avait jadis habitée avec le père de ses deux enfants.

Un regard a alors suffi pour comprendre que la maison qu’elle voyait en boucle à LCN était celle de son ancien conjoint, Jocelyn Marcoux, et que les corps extirpés du garage carbonisé étaient ceux de ses enfants.

Victime directe

Depuis ces tristes événements, en proie à «une dépression sévère et à des problèmes de sommeil accompagnés de cauchemars», Nadine Brillant a essayé tant bien que mal de se faire reconnaître comme victime par la Direction de l’indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC), ce qui lui a toujours été refusé.

En effet, selon la définition des instances consultées, «la victime d’un crime est une personne qui, au Québec, est tuée ou blessée».

Or, dans son analyse, le juge François Huot a conclu qu’en mettant fin aux jours de ses enfants, «Jocelyn Marcoux voulait d’abord et avant tout atteindre Nadine Brillant en la détruisant psychologiquement».

Selon lui, il était déraisonnable de conclure que la mère de famille n’était pas une victime et il a souligné que les précédentes décisions avaient sous-estimé «l’importance de sa présence virtuelle en ces lieux par le biais d’un reportage télévisé».

Désormais considérée comme une victime au sens propre de la loi, Nadine Brillant voit son dossier retourner devant l’IVAC «pour qu’il soit entendu en conformité avec le présent jugement».