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Le problème des livraisons par drone en prison ne dérougit pas

Le nombre de vols observés au-dessus des prisons est passé de quatre à 27 en deux ans

Photo aérienne de la prison Bordeaux à Montréal / 11 novembre
Photo d’archives Sur les 60 vols de drones observés autour des prisons du Québec en trois ans, 38 ont été recensés à l'Établissement de détention de Montréal.

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L’utilisation des drones pour livrer des articles de contrebande en prison ne dérougit pas, surtout à Montréal où des détenus tentent d’obtenir de la drogue, des cellulaires, mais aussi des épices et des écouteurs.

«Le phénomène est en hausse, c’est une réalité depuis quelques années», déplore Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec.

Selon des données obtenues auprès du ministère de la Sécurité publique, le nombre de vols de drones observés dans les prisons du Québec ne cesse d’augmenter.

En 2013-2014, le ministère avait recensé quatre vols de drones. L’année suivante, il y en a eu 18. Le nombre a encore augmenté en 2015-2016 pour atteindre 27.

Et depuis le mois d’avril, 11 vols de drones ont été observés, dont 10 à Montréal.

Sur les 60 événements au total, 49 concernaient les deux établissements de détention dans la métropole.

Selon les documents obtenus auprès du ministère­­ de la Sécurité publique, les détenus tentent principalement d’obtenir des cellulaires, de la drogue et du tabac.

Gros profits

«Compte tenu de la rareté, le prix du tabac peut être trois ou quatre fois plus élevé en prison», explique M. Lavoie, qui presse le gouvernement d’agir pour contrer le phénomène des drones autour des établissements de détention­­.

Mais les détenus peuvent aussi se faire livrer des articles plus insolites, comme des épices, une caméra GoPro ou une lampe de lecture.

Dans certains cas, l’interception de colis livrés­­ par drone a permis de saisir des pics artisanaux­­ et une lame pour scier le métal.

«Le trafic en prison est très lucratif, mais il représente un risque de sécurité. Il faut trouver des solutions», explique M. Lavoie, tout en ajoutant qu’un drone peut être capable de transporter jusqu’à 1 kg de matériel.

Il propose par exemple les brouilleurs d’ondes dans les prisons. Comme la plupart des drones sont souvent contrôlés avec un téléphone intelligent, dit-il, le problème serait ainsi­­ réglé. De plus, cela empêcherait les détenus d’utiliser illégalement des cellulaires.

Peu de mesures

Le syndicat déplore toutefois le manque de mesures concrètes du gouvernement pour contrer le phénomène des drones, qui ne fait qu’augmenter.

«C’est préoccupant. Il y a des études, mais rien n’est mis en place, explique M. Lavoie. Soit les dirigeants n’ont pas d’argent, soit ils ne sont pas préoccupés par la problématique. Peut-être que c’est le prix de l’austérité.»

Lorsque nous l’avons contacté, le ministère de la Sécurité publique n’était pas en mesure d’indiquer quelles mesures étaient mises en place pour contrer le problème de livraison d’articles de contrebande par drone.

Notons qu’aux Pays-Bas, les autorités ont entraîné des aigles pour intercepter les drones qui survolent des zones interdites.

 

Des objets saisis lors d’interception de drones

  • Des pics artisanaux
  • Des cellulaires, des cartes SIM et des chargeurs
  • Du tabac, des briquets et du papier à cigarette
  • Des pots d’épices et des épices
  • Des écouteurs, des vis
  • Des timbres pour arrêter de fumer
  • Une lampe de lecture
  • Du bois et des draps