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Faire des mamours au parc

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Jean Tremblay s’en va-t-en guerre. Oui, encore. Cette fois, c’est contre les «dérangés» qui vont faire du sexe dans les parcs.

D’abord, il faudrait demander à Monsieur le Maire ce qui le choque le plus: l’acte sexuel en public ou le fait que ça implique uniquement des hommes. Je le laisse se débrouiller avec les réponses.

De mon côté, je me suis toujours interrogé sur la façon de faire, qui est plus commune qu’on pense. Toutes les villes ont le même problème. Partout où il y a des parcs, il y a un paquet de bonshommes qui rôdent avec des intentions explicites. En quête de leurs semblables.

LES VIEUX MONSIEURS QUI S’BÉCOTENT SUR LES BANCS PUBLICS

Le pourquoi m’échappe. Au départ, je croyais qu’il s’agissait exclusivement d’une génération où l’homosexualité devait être dissimulée. Je m’imaginais des gens mariés depuis longtemps, avec des enfants et même des petits-enfants. Des gars qui sortent du garde-robe uniquement au parc, pour folâtrer avec des inconnus. Force est d’admettre que l’histoire de Joël Legendre a un peu pété ma balloune de présomptions. Pas vieux, pas incognito et même plutôt connu et reconnu.

Alors pourquoi, messieurs? Il y a les maisons. L’hôtel. La voiture. Une tente de camping. Internet pour bâtir un plan de match. C’est commun, le besoin de faire ça dans un espace public, idéalement avec un inconnu? C’est la peur de vous faire surprendre qui vous excite? De faire pleurer un enfant? Pour vrai?

Je n’essaie pas de juger. J’essaie de comprendre. Je la pogne pas.

LES PREMIÈRES FOIS

Vous voyez, moi, les parcs, je voyais ça pour l’amour et les adolescents. Les gestes timides, maladroits. Les premiers baisers. Les premières canettes de bière volées au dépanneur. Le premier joint, pour les plus téméraires. Mais surtout pour l’amour pur et naïf des flos, qui ne sont pas encore souillés par les désillusions et la routine. Les jolies scènes de film, où on se tient la main sur les balançoires quand les gamins sont couchés. Pas besoin de la police pour ça.

De ce que je comprends, la réalité est tout autre.

Du sexe brut, impersonnel, à toute heure du jour ou de la nuit. Bing, bang, bonsoir, nous sommes partis. Tant pis pour les passants.

Incroyable de constater que des policiers doivent intervenir pour empêcher le forniquage dans les parcs en 2016. Dur à croire et dur à comprendre. Et pourtant nécessaire. C’est bien beau le sexe, la liberté et tout, mais on outrepasse les limites du savoir-vivre en société.

Dans un monde où on accepte à bras ouverts les hétéros, les homos, les trans, les queers et Cœur de Pirate, tout le monde devrait être heureux et assumé. Et se tenir loin des parcs et des lieux publics. Pour les laisser aux jeux des enfants, aux pique-niques des familles et aux balbutiements amoureux des ados.

Et de toute façon, dans un monde idéal, personne ne devrait cacher qui il est dans un buisson de parc.

 
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