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Le péquiste errant

POL-DÉBAT CANDIDATS PQ
Photo Agence QMI, Yves Charlebois

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Je ne sais pas pour vous, mais la course à la chefferie du Parti québécois ressemblant de plus en plus à un mauvais vaudeville me fatigue et m’exaspère. J’ai très hâte qu’elle se termine afin d’entendre parler d’autre chose. 

 

J’ai l’impression que les résultats de cette course seront déterminants et que plusieurs en ressortiront errants, se demandant si ce parti est encore le leur, ou s’il représente encore leurs idées, autre que celle de vouloir faire du Québec un pays. Je pense par exemple aux nationalistes, qui ne se sentiront pas à leur place avec Cloutier, ou aux progressistes qui ne voudront pas être représentés par Lisée. 

 

Transparence totale : je ne suis plus vraiment péquiste, mais assurément indépendantiste. 

 

Du genre autant que ne l’est Martine Ouellet.  

 

Pourtant, cette course ne me passionne pas. Elle ressemble d’ailleurs plutôt à un concours de tir entre candidats, mais aussi entre militants, qui veulent pourtant la même chose : que le Québec prenne davantage sa place sur la mappemonde en devenant un pays. 

 

En effet, le schisme entre les visions des indépendantistes-nationalistes et les progressistes-mondialistes, amateurs de tous synonymes de « nouveautés », se creuse de plus en plus, au point où on peut se demander de quoi aura l’air le parti au lendemain de l’élection du nouveau chef. 

 

Évidemment, on peut penser que les péquistes serreront les rangs derrière le nouveau chef, mais la division qui règne à l’heure actuelle sera difficile à remonter. 

 

Prenons l’exemple de Jean-François Lisée, qui est attaqué de toutes parts – et même de députés de son parti — alors qu’il remet en question certains dogmes liés à l’immigration, bombardé de toutes parts puisqu’il ose dire que les nouveaux arrivants sont trop nombreux pour nos capacités d’accueil.

 

Taxer Lisée de raciste à qui mieux mieux, témoigne surtout d’un refus de s’ouvrir les yeux sur des réalités difficiles. Poser des constats lucides sur l’immigration n’est pas de la xénophobie. 

 

Pourtant, le mal se fait : les divisions ne se font plus maintenant sur l’axe centre-gauche/centre-droit, mais plutôt sur les questions liées à l’identité. 

 

C’est aussi à ce propos que plusieurs péquistes errent, et c’est peut-être aussi ces dossiers, qui, malheureusement, feront en sorte que le parti ressortira meurtri de cette déplaisante course. 

 

*Titre inspiré de l’excellent nouveau roman de Francine Ouellet « Le patriote errant » Feu, tome 5, publié chez Libre Expression.