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«L'austérité a fait mal»

Les services publics au plus bas en dix ans, dit la Protectrice du citoyen

La Protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain
Photo Simon Clark La Protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain

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La protectrice du citoyen «tire la sonnette d’alarme»: l’accessibilité des services publics est au plus bas depuis dix ans et les coupures du gouvernement Couillard ont épargné la bureaucratie pour frapper les usagers.

«L'austérité a fait mal», a lancé Raymonde Saint-Germain, qui déposait jeudi son dernier rapport après 10 années de services. «Ce qu'il faut voir, derrière des compressions comme celles-là, c'est le résultat concret: moins de services en temps opportun pour des personnes qui en ont besoin maintenant», a-t-elle ajouté.

Mme Saint-Germain ne «conteste pas la pertinence» des compressions budgétaires cumulées, mais elle dénonce «la sous-estimation de leur incidence réelle sur les citoyens». Au gouvernement Couillard qui se targue de faire de l’optimisation et de couper dans le gras, elle rétorque que les coupures «ont malgré tout été moins éprouvantes pour la bureaucratie que pour les personnes vulnérables».

La réforme Barrette critiquée

Mme Saint-Germain déplore les «exigences excessives, les formulaires conçus pour celui qui les administre et non pour celui qui les remplit, les étapes de supervision et de contrôle exagérés qui grugent indûment les temps des agents dont la priorité doit être les services à la population». Elle a aussi critiqué la réforme Barrette, qui a nivelé par le bas les services lors du processus de centralisation.

Victimes de la machine

Elle se fait couper ses couches

Une dame âgée souffrant de démence qui profitait d’un programme qui rembourse ses sous-vêtements pour personne incontinente perd son statut, car on lui a diagnostiqué une nouvelle forme de démence liée à l’âge, qui n’est pas couverte par ce programme. L’établissement a dû faire marche arrière après enquête du protecteur.

Un enfant qui ne peut s’alimenter n’est pas handicapé

La mère d’un enfant atteint d’un syndrome très rare qui l‘empêche de s’alimenter se plaint que le centre de réadaptations a coupé la subvention qu’elle recevait depuis trois ans. Motif de la décision : l’enfant n’est pas une personne handicapée selon les critères du programme.

Il décède sans avoir vu un médecin

Un usager qui s’est présenté à l’urgence pour des problèmes respiratoires importants qu’il ressent depuis deux semaines se fait attribuer une priorité urgente, il attend tout de même neuf heures à l’hôpital et quittes sans avoir vu un médecin. Il décède trois jours plus tard d’une crise cardiaque.

Des années d’attentes pour un couple âgé et malade

Un couple âgé dont les deux membres souffrent de diabète et de maladies inflammatoires s’inscrit à un guichet et se fait signifier que le délai d’attente sera de deux ans. Dix mois plus tard, le délai est porté à trois ans pour monsieur et quatre ans pour madame. Cinq mois plus tard, on leur dit qu’il n’est plus possible de fixer un délai d’attente. Étant donné leur état de santé, ils auraient pourtant dû avoir accès à un médecin de famille très rapidement.

Trois ans d’attentes pour avoir accès à un programme préscolaire

La liste d’attente pour obtenir un rendez-vous dans un centre de réadaptation pour un enfant autiste dépasse les trois ans alors que ce programme s’adresse à une clientèle d’âge préscolaire.

Les résidents d’un CHSLD ont vécu l’enfer

  • Soins d’hygiène insuffisants
  • Repas retirés avant que les résidents aient fini de manger
  • Résidents privés d’appareils auditifs ou de lunettes
  • Résidents attachés ou qu’on empêche de circuler

Le CIUSS a promis des changements, mais le Protecteur du citoyen a reçu copie d’une lettre qui avisait, cinq ans plus tôt, les autorités du ministère de la Santé des mêmes pratiques inacceptables. Le ministère affirme qu’il n’a pas reçu cette lettre.