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La FPJQ dénonce l’expulsion de deux caméramans à L’Ancienne-Lorette

Le maire de L'Ancienne-Lorette, Émile Loranger
Photo Simon Clark Le maire de L'Ancienne-Lorette, Émile Loranger

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La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) condamne le geste du maire de L’Ancienne-Lorette qui a expulsé deux caméramans de la salle du conseil jeudi soir.

Quelques minutes avant le début de la séance, le maire Émile Loranger a rapidement fait comprendre aux deux représentants de Portneuf.tv – un nouveau site web – qu’ils n’étaient pas les bienvenus à l’hôtel de ville.

Les deux caméramans ont été escortés par des policiers à l’extérieur de la salle, même si la Ville de L’Ancienne-Lorette n’a pourtant aucun règlement interdisant la présence des caméras.

L’équipe de Portneuf.tv s’est pointée sur les lieux à la demande de citoyens qui lui avaient suggéré d’effectuer une captation de la séance, laquelle devait être diffusée intégralement sur le web, en différé, comme elle l’a fait il y a quelques semaines à Saint-Augustin-de-Desmaures.

Un geste «inacceptable»

«Encore une fois, une caméra est sortie d’un conseil municipal et ça, c’est inacceptable. C’est assez étonnant, en 2016, qu’on s’oppose encore à la webdiffusion et à la présence de caméras. Pour nous, c’est un nouvel épisode d’une longue suite de diverses entraves par rapport au droit de filmer», a réagi la vice-présidente de la FPJQ, Valérie Gaudreau, qui est journaliste au quotidien Le Soleil.

Cette dernière n’arrive pas à comprendre la logique derrière cette exclusion. Les médias électroniques n’ont jamais vécu une telle situation à L’Ancienne-Lorette.

«M. Loranger n’est pas l’élu le plus réputé pour l’entrave aux médias. Traditionnellement, c’est quelqu’un qui est assez ouvert et très disponible. C’est sûr qu’hier, il n’aurait pas mis Radio-Canada et TVA dehors. Peu importe la taille du média, la réflexion qu’on doit avoir maintenant, c’est pourquoi, avec tous les outils technologiques qui sont permis, on puisse souhaiter encore moins de transparence», plaide Mme Gaudreau.

«Est-ce que c’était intempestif ou vraiment réfléchi? Peu importe, je pense qu’il doit se rendre compte que, quel que soit le contexte, l’image que ça donne, c’est une Ville qui ne veut pas que ses élus soient filmés in extenso alors que, par définition, c’est public et tous les citoyens et médias doivent pouvoir filmer intégralement une séance du conseil», a-t-elle ajouté en entrevue.

«Ça va devenir un show», dit Loranger

«On n’en veut pas de webdiffusion», avait expliqué M. Loranger après la séance. «Ça va devenir un show. On n’aura plus de discussions. On va commencer à 5 h et on va finir à minuit!», avait-il argué pour justifier son geste.

«Pour le moment, ce n’est pas une bonne idée. Ça vient donner de fausses informations. Quand on va trop vite, on peut se casser la gueule», avait renchéri le conseiller Yvon Godin. Seul le conseiller indépendant Gaétan Pageau s’est dit en faveur de la webdiffusion. Il était visiblement renversé, jeudi soir, de la tournure des évènements.