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La doyenne des Sœurs de la Providence meurt à 108 ans

La dame a eu une carrière de 89 ans, la plus longue de sa congrégation

Rollande Leduc
Photo Benoît Philie Rollande Leduc, 101 ans, tient une photo de sa sœur Laurette, décédée à l’âge de 108 ans le 16 septembre. Les deux sœurs vivaient ensemble à la maison mère des Sœurs de la Providence à Cartierville, dans le nord de la métropole.

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Laurette Leduc était la plus vieille religieuse de sa congrégation dans le monde avant de s’éteindre doucement à 108 ans il y a quelques jours, raconte sa sœur de 101 ans restée à ses côtés dans ses derniers moments.

Avec le décès de sœur Laurette, qui avait à peine 18 ans lorsqu’elle a prononcé ses vœux religieux en 1926, s’envole un pan de l’histoire des Sœurs de la Providence, une congrégation fondée à Montréal en 1843.

«Toute la communauté la connaissait. Elle a eu une vie religieuse de 89 ans. C’est très long et très rare», soutient sa sœur Rollande, qui est aussi membre de la congrégation des Sœurs de la Providence et qui vivait avec Laurette à la maison mère, à Cartierville, dans le nord de Montréal, avant que la mort ne l’emporte le 16 septembre.

Elles seront restées ensemble jusque dans ses derniers instants.

«Je venais tout juste de manger avec elle, se souvient Rollande, le regard brillant. J’ai quitté sa chambre et, un peu plus tard, les infirmières sont venues me chercher pour me dire que ma sœur était décédée.»

La fin d’une époque

La plus âgée des Sœurs de la Providence a connu les heures les plus glorieuses des communautés religieuses dans la province, mais aussi le déclin enclenché par la Révolution tranquille dans les années 1960.

À l’époque, on comptait plus de 3400 religieuses dans cette congrégation. Aujourd’hui, elles ne sont que 503 dans le monde, majoritairement au Québec, mais aussi au Chili, en Égypte et aux États-Unis, entre autres.

Un chiffre qui ne fera que diminuer avec les années, reconnaît la conseillère provinciale de l’institution, Marguerite Cuierrier.

«C’est la fin d’une époque. Maintenant, les personnes qui rejoignent notre communauté proviennent d’autres pays, comme le Cameroun, les Philippines et Haïti. Pour ce qui est du Québec, c’est un autre temps», dit-elle.

Enseignante et couturière

Sœur Laurette a passé plus de 40 ans dans la région de Joliette, où elle a enseigné au primaire, pris soin de personnes âgées, de malades et d’orphelins, pour qui elle confectionnait des habits.

«C’est ce qu’elle a préféré faire dans sa vie de religieuse. Coudre des vêtements pour les petits garçons», se souvient sa sœur Rollande.

De 1974 à 1997, elle a ensuite assumé des fonctions d’autorité au sein de la congrégation en poursuivant ses bonnes œuvres.

«C’était la joie de vivre en continu, cette femme-là. On la voyait toujours avec un grand sourire», souligne Hélène, 92 ans, la plus jeune sœur de Laurette.

Elle a travaillé jusqu’à 89 ans, quand elle a décidé de se reposer et de prendre sa retraite.

Elle vivait depuis à l’infirmerie de la maison mère de sa congrégation.

De plus en plus de centenaires

Selon les plus récentes projections démographiques de Statistique Canada, le nombre de centenaires devrait exploser dans les prochaines années au pays. Entre 2006 et 2011, le taux de croissance pour ce groupe d’âge se situait à 25,7 %, le deuxième taux en importance de tous les groupes d’âge de la population canadienne après celui des 60-64 ans.

Nombre de centenaires

  • 3795 en 2001
  • 5825 en 2011

(Selon les prévisions)

  • 2061 : 78 300
  • 2051 : 49 300
  • 2031 : 17 600
  • 2016 : 7 900