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Jusqu’à 20 milliards $ d’investissement à l’étranger

Le PDG d'Hydro-Québec fait le point sur les projets d’expansion

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PHOTO TOMA ICZKOVITS, AGENCE QMI «Moi, je fais ça pour qu’Hydro-Québec fasse des profits. Si ce n’est pas profitable, je n’irai pas», soutient le PDG de la société d’État, Éric Martel.

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Hydro-Québec pourrait investir jusqu’à 20 milliards $ pour prendre de l’expansion à l’étranger au cours des prochaines années, a appris Le Journal.

Dans une entrevue exclusive au Journal, le grand patron Éric Martel a indiqué que les facilités de crédit de la société d’État offraient une marge de manœuvre significative et inouïe pour réaliser des achats à l’international.

«On va être prudent. On ne veut pas mettre le Québec à risque. Mais chez Hydro-Québec, on a de la capacité. On a une cote de crédit extrêmement favorable. On a de la marge de manœuvre pour un peu moins de 20 milliards $», a-t-il souligné.

Doubler ses revenus

Avec une très bonne cote de crédit, Hydro-Québec se dit capable d’aller sur les marchés financiers et d’emprunter à des taux d’intérêt très bas. «Moi, je fais ça pour qu’Hydro-Québec fasse des profits. Si ce n’est pas profitable, je n’irai pas», a fait valoir M. Martel.

Il faut dire que d’ici 2030, Hydro-Québec a la ferme intention de doubler ses revenus annuels, les faisant passer à

27 milliards $. Durant cette période, les profits nets devraient également progresser de façon importante, passant de 3,1 milliards $ à 5,2 milliards $ par année.

Le PDG d’Hydro-Québec demeure cependant très clair: il n’a pas l’intention de s’éparpiller partout sur la planète. Il dit avoir ciblé certains pays où la société d’État sera à l’aise pour brasser des affaires.

«Il y a beaucoup d’actifs à vendre présentement. On pourrait acheter en partenariat. Je n’ai toutefois pas l’intention d’être dans 25 pays. On regarde les Amériques (Canada, États-Unis, Mexique et l’Amérique du Sud) et également en Europe. On va aller dans des pays stables», a-t-il évoqué.

Occasion manquée

Au cours des derniers mois, Hydro-Québec dit avoir manqué une «méga transaction» de près de 4 milliards $ qui lui aurait permis de faire son entrée dans le secteur du transport d’électricité en Europe.

Hydro-Québec a presque réussi à acheter cet été une partie (24,5 %) du réseau de lignes de transport RTE appartenant à Énergie de France (EDF). Le réseau RTE s’étend sur plus de 105 000 kilomètres.

«Il y avait plus de 40 investisseurs intéressés. À la fin, on était encore en lice. On était dans le peloton de tête», a précisé le PDG visiblement satisfait de cette expérience puisque des partenariats d’affaires avec EDF sont maintenant envisageables.

Hydro-Québec l’an dernier

  • Chiffre d’affaires : 13,8 G$
  • Bénéfices nets : 3,14 G$
  • Ventes nettes : 200,6 térawattheures
  • Coût moyen de production : 2,08 cents/kilowattheure
  • Prix moyen à l’exportation : 5,7cents/kilowattheure
  • Investissements : 3,4 G$