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L’éléphant sacré

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L’histoire récente nous enseigne que changer de gouvernement ne règle pas le problème des finances publiques. Ça ne fait que changer la tête de Turc.

Lucien Bouchard s’y est attaqué, mais il a fini par claquer la porte, excédé. Jean Charest a tenté une «réingénierie» de l’État, mais il a vite battu en retraite devant les hordes qui le traitaient de gros porc rouge. Pauline Marois, elle, n’a pas vraiment essayé...

Ensuite, Philippe Couillard. Son gouvernement a réussi à mâter le déficit, et, aux dernières nouvelles, l’économie québécoise progresse plus vite que la moyenne nationale. Mais ce n’est pas ça qu’on entend. C’est plutôt: Couillard n’aime pas le Québec; il veut détruire nos acquis, pour plaire aux divers «fédéraleux» qui le maintiennent au pouvoir...

Coupures néfastes

Jeudi, la protectrice du citoyen, Raymonde St-Germain, a confirmé ce que tout le monde savait: les coupures ont affaibli le filet d’aide social et ce sont les plus démunis qui en souffrent.

Mais elle a dit une autre chose qui, à mon avis, révèle le vrai scandale: la bureaucratie, elle, n’a nullement souffert de ces coupures.

En d’autres termes, la machine à saucisses du gouvernement ne rapetisse pas quand on la prive d’argent – elle produit seulement moins de saucisses.

Le vrai scandale

Les syndicats sont une bonne chose; le syndicalisme est un droit inaliénable. Mais les syndicats québécois ont créé un Frankenstein: une machine à services d’abord vouée aux intérêts de ceux qui fournissent les services.

Les syndicats ont un monopole. Les conventions ont force de loi. L’efficience, l’efficacité, l’économie des moyens – la collaboration, même – sont le dernier de leurs soucis.

Blocage.

Le hic, c’est que ces syndicats – et leurs verbeux amis – se qualifient toujours de progressistes, alors qu’ils sont, au contraire, à la racine de l’immobilisme de notre société.

Ce n’est pas de coupures dont le Québec a besoin pour survivre, mais de réformes. De sérieuses réformes.