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Diplômes bidons: quelqu'un de surpris?

matériel pour la rentrée école fourniture scolaire
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Ça vous surprend ? Pas moi. Lorsqu’on œuvre en éducation depuis près d’une décennie comme c’est mon cas, on sait que le cas de Jonathan Côté figurant dans ce reportage n’est que la pointe de l’iceberg : ils sont des milliers dans la même situation. 
 
Pourtant, les préoccupations des gouvernements sont plutôt du côté du bilinguisme : on s’inquiète que nos jeunes ne soient pas assez bilingues, alors qu’environ 50 % des francophones ont des problèmes à lire et à écrire dans leur langue maternelle. C’est une véritable catastrophe nationale. 
 
C’est ce qui m’inquiète le plus dans l’avenir du Québec : le fait qu’on soit obnubilé par la diplomation au point de diplômer tout le monde, sans se soucier des problèmes que les gens auront au cours de leur carrière, s’ils sont en mesure d’en avoir une. 
 
On veut tellement diplômer à tout prix qu’on ne prend même pas la peine de s’assurer que les étudiants ont des connaissances de base leur permettant d’être autonome en société. Ça ne semble même pas dans les préoccupations de ceux qui nous gouvernent, si c’était le cas, on fantasmerait moins sur le déficit zéro et aurions un projet de société : scolariser suffisamment tous les Québécois. 
 
Des remèdes et des solutions ? Ils existent pourtant ! 
 
À quand des programmes de français intensifs ? La mise sur pied de cliniques de lecture et d’écriture ? Où est le financement majeur des centres d’alphabétisation qui réussissent souvent là où l’école traditionnelle échoue ? Quand comprendrons-nous qu’une société analphabète a un coût financier et social majeur ? Que les répercussions de l’analphabétisme se retrouvent aussi dans nos urgences et que notre santé publique en écope ? Basta ! 
 
On préfère parler de cours d’anglais alors que la grande majorité des études scientifiques s’entendent pour dire qu’on apprend mieux une langue seconde une fois qu’on maitrise bien sa langue maternelle. Comment demander aux gens d’être bilingue s’ils ne sont pas en mesure de décoder un mot en français ? Visiblement, certains croient que la pensée magique est efficace. 
 
Ce n’est pas en se tournant les pouces en éducation et en coupant sans cesse dans les services aux élèves que le Québec réussira à soigner ce mal qui devrait être celui d’un autre siècle.