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Le ministre Proulx promet de corriger le tir

Le ministre Sébastien Proulx
Photo Simon Clark Le ministre Sébastien Proulx

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«Interpellé» par les difficultés en lecture de jeunes diplômés qui sortent de l’école analphabètes fonctionnels, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, veut corriger le tir en intervenant plus efficacement dès le début du primaire.

Il promet aussi de faire un «travail de réflexion» sur les exigences qui mènent à certains diplômes de niveau secondaire et veut faire de l’alphabétisation un «cheval de bataille». «Il y a du travail à faire», a-t-il reconnu.

Le Journal rapportait lundi que le ministère de l’Éducation décerne des diplômes à des jeunes qui peinent à lire sans aide. Plusieurs jeunes rencontrés ont un certificat de formation préparatoire au travail – un diplôme du secondaire qui compte dans le taux de diplomation provincial - mais ils ont un niveau scolaire correspondant à des élèves du primaire. Ce diplôme est décerné après 900 heures de stage en milieu de travail, peu importe le niveau académique de l’élève.

En entrevue au Journal, le ministre Proulx admet qu’il s’agit d’un «constat important» et qu’il faut réfléchir à la possibilité de rendre ces formations plus exigeantes. «Mais ça ne veut pas dire qu’il ne faut plus avoir de formations de qualifications. Il faut peut-être rehausser la qualité de cette certification-là et s’assurer que les qualifications soient d’un niveau peut-être plus soutenu dans l’avenir. Mais il y a une réalité, tout ça part d’élèves avec des difficultés», dit-il.

C’est pourquoi le ministre veut intervenir «en amont», dès le début du primaire. «Si nos élèves sont soutenus tout au long de leur démarche éducative, qu’ils sont dépistés plus rapidement, on va avoir moins d’élèves en grandes difficultés», dit-il.

Reste à voir comment faire concrètement pour y arriver. Le ministre a justement lancé récemment une vaste consultation afin d’élaborer une politique de la réussite éducative qui sera notamment axée sur les compétences des élèves en lecture et en écriture. «La littératie, c’est la trame de fond de la réussite éducative», a-t-il martelé à plusieurs reprises.

Vague d’indignation

Dans le réseau scolaire, ce reportage a fait beaucoup réagir hier, suscitant une vague d’indignation dans les rangs de la Fédération des syndicats de l’enseignement. «Ça me révolte!», a lancé sa présidente, Josée Scalabrini.

La situation illustre à quel point des jeunes ont été victimes d’un mauvais dépistage au primaire qui n’a fait qu’accentuer leur retard scolaire, dit-elle. Mme Scalabrini souligne que ce manque de services existait déjà avant les compressions de 1 milliard $ des dernières années. «La problématique s’est amplifiée», lance-t-elle.

De son côté, le professeur à l’Université Laval Égide Royer s’est réjoui de la visibilité accordée à une situation qu’il dénonce depuis longtemps.

À la Coalition avenir Québec, le député Jean-François Roberge, a été «extrêmement choqué» par ce qu’il a lu. «Je pense que ça va réveiller bien des gens en éducation», a-t-il lancé.

Même s’il pense que la consultation publique sur la réussite éducative lancée récemment par le ministre «pose les bonnes questions», il rappelle que M. Proulx était conseiller au bureau du premier ministre pendant que le gouvernement «coupait à la scie mécanique» dans les services aux élèves. «Celui qui a participé au derby de démolition veut maintenant être l’architecte de la reconstruction. Ça manque un peu de crédibilité», a-t-il lancé.

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