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Cuisine de rue: l’emplacement et le nombre de permis au cœur du débat

Plusieurs intervenants disent «oui, mais» au projet

Cuisine de rue: l’emplacement et le nombre de permis au cœur du débat
PHOTO D'ARCHIVES, ANNIE T. ROUSSEL

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Si l’essentiel des intervenants du milieu est favorable au projet-pilote de cuisine de rue à Québec, les questions cruciales de l’emplacement et du nombre de permis pour les camions sont loin de faire consensus.

C’est ce qui se dégage de la rencontre organisée mardi au centre récréatif Saint-Roch pour recueillir les opinions dans la perspective du projet qui sera mis en place à Québec à partir de l’été 2017.

L’Association des restaurateurs de rue du Québec (ARRQ) a indiqué que la Ville aurait intérêt à se concentrer sur «les parcs et les squares» dans un premier temps. Ensuite, les camions pourraient être envoyés dans des «déserts alimentaires» pour répondre aux besoins des consommateurs à l’endroit où ils se trouvent. Gaëlle Cerf, de l’ARRQ, a également suggéré à la Municipalité d’accorder une trentaine de permis. «Il n’y aura pas trop de camions», puisque ce marché alimentaire a l’avantage de «s’autoréguler», a-t-elle assuré.

La séance d’auditions organisée par la Ville de Québec mardi pour parler de la cuisine de rue.
PHOTO DIDIER DEBUSSCHÈRE
La séance d’auditions organisée par la Ville de Québec mardi pour parler de la cuisine de rue.

Or, la conseillère municipale Julie Lemieux a semblé perplexe devant ce chiffre. «Je suis un peu étonnée du 30 camions, a-t-elle mentionné. Ça me semble beaucoup pour Québec. C’est ce que Montréal a présentement, alors qu’on n’a pas du tout la même densité.»

Prudence

Appelant à «ne pas cannibaliser le marché», François Meunier, vice-président de l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ), a prié la Ville d’éviter les secteurs contingentés comme le Vieux-Québec.

D’autres endroits comme les parcs industriels, les sites événementiels ou encore la promenade Samuel-De Champlain devraient être privilégiés pour accueillir les camions, estime-t-il.

De son côté, Jean-Pierre Bédard, du Regroupement des Sociétés de développement commercial (SDC) de Québec, voudrait que les véhicules offrent uniquement de la nourriture – et non pas de l’alcool – pour ne pas concurrencer les commerces existants.

« Événements ponctuels »

Assurant vouloir collaborer avec les SDC, Julie Lemieux a laissé entendre que «des événements ponctuels» de cuisine de rue, à proximité des artères commerciales, pourraient avoir lieu. Interrogée sur la possibilité de voir les camions s’installer 12 mois par année, elle a admis que «ce ne sera pas si facile que ça», notamment à cause des rigueurs de l’hiver de Québec.

Mme Lemieux n’a par ailleurs pas voulu prendre d’engagement précis à savoir si la priorité pour les permis devrait être accordée aux commerces qui ont déjà pignon sur rue à Québec.

Le rapport du comité de travail sur les cuisines de rue, présidé par le chef Jean Soulard, doit être remis d’ici la fin de l’année.

Un débat qui fait réagir

«On n’en veut pas [de camions de cuisine de rue] sur les artères commerciales.»
-Jean-Pierre Bédard, Regroupement des SDC de Québec

«La cuisine de rue est un phénomène bien établi en Amérique du Nord. Québec a tout à gagner à avoir cette offre alimentaire et à mettre l’accent sur la gastronomie locale.»
-Guy Vincent Melo, président de l’Association des restaurateurs de rue du Québec (ARRQ)

«Le MAPAQ va faire la job.»
-Jean Soulard, interrogé sur les questions liées à l’hygiène

«L’emplacement est le nerf de la guerre. C’est un enjeu autant pour les restaurateurs que pour les détenteurs de camions de cuisine de rue. On a des sites en tête.»
-Julie Lemieux