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Volte-face pour un procès déménagé à 2h de route

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Les proches d’une femme assassinée en 2014 sont soulagés qu’un juge ait finalement annulé la décision de tenir le procès du présumé meurtrier à deux heures de route de chez eux.

Pour éviter un arrêt des procédures en raison des délais qui traînent, le juge avait ordonné le 19 septembre dernier que le procès d’Alain Gascon­­, accusé du meurtre prémédité de son ex, soit déplacé de Gatineau à Salaberry­­-de-Valleyfield.

Angela Di-­Stasio a été tuée le 20 avril 2014, dans le secteur d’Aylmer, à Gatineau.
Photo Courtoisie
Angela Di-­Stasio a été tuée le 20 avril 2014, dans le secteur d’Aylmer, à Gatineau.

En effet, en raison d’une pénurie de salles en Outaouais, l’accusé ne pouvait être jugé qu’en janvier 2018, soit près de quatre ans après le drame. En le déplaçant 160 km plus loin, le procès avait alors lieu 10 mois plus tôt.

Chamboulée à l’idée d’avoir à rouler quatre heures par jour aller-retour pour assister aux procédures judiciaires, la famille­­ de la victime avait dénoncé la situation dans Le Journal.

Deux semaines plus tard, retour au plan initial: Gascon sera en effet jugé à Gatineau, mais à la même date que si le procès avait eu lieu en Montérégie, en mars 2017.

«Ç’a valu la peine qu’on se plaigne. Non seulement ça va être proche de chez nous, mais en plus, on va pouvoir en finir le plus tôt possible avec ce dossier qui pèse­­», a lancé Amélie Boisvenu, la belle-fille d’Angela Di-Stasio.

Elle n’a ainsi plus à s’inquiéter des coûts et des inconvénients qu’auraient engendrés ses déplacements, ainsi que ceux de sa famille.

C’est lors d’une audience au palais de justice de Montréal que le juge a fait volte-face.

Impossible

Le juge a expliqué­­ que s’il était à la base impossible que ce procès se déroule en mars prochain à Gatineau, c’était parce qu’un autre procès devant jury s’y tenait. Et à ce palais, les installations ne peuvent accommoder deux jurys de 12 personnes.

«Les services judiciaires ont assuré au Tribunal qu’une deuxième salle serait aménagée pour le jury, a indiqué le juge David. Je suis donc en position d’approuver que ce procès se déroule à Gatineau.»

Amélie Boisvenu est persuadée que sans la médiatisation de ce dossier, jamais on n’aurait connu un tel dénouement. Au cabinet de la ministre de la Justice, on refuse de faire le lien avec l’article du Journal d’il y a deux semaines.

«Chaque fois qu’un dossier change de district, les services juridiques font un suivi, a dit Nathalie Roberge, directrice du cabinet de Stéphanie Vallée. Après vérifications, ils ont conclu qu’il était possible d’accueillir le procès à Gatineau.»