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Encore des millions pour la cimenterie?

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Les automobilistes québécois paient une «taxe verte» de quatre sous le litre d’essence pour garnir un fonds tout aussi vert, mais sans vraiment savoir comment sont utilisés les millions engrangés. Une partie de cet argent pourrait-il aller à la Cimenterie de Port-Daniel-Gascons?

Sur papier, le Fonds vert sert à financer des projets pour permettre au Québec d’atteindre ses cibles en matière de gaz à effet de serre (GES). Je ne suis pas contre un marché du carbone. Il faut aller au-delà des belles paroles et agir. Mais pourrions-nous être rassurés que l’argent va au bon endroit, et que le Fonds vert ne sert pas à financer un oléoduc, un dépôt pétrolier souterrain, et à payer pour la pose d’ailettes sur les Boeing 767 d’Air Canada, comme cela a été révélé par Le Journal de Montréal en début d’année?

De plus, lorsqu’il était à Paris pour la COP21, le premier ministre Couillard, flanqué d’Al Gore, a donné 25 M$ du Fonds vert pour dépolluer l’Afrique alors que les règles stipulent que l’argent doit être dépensé au Québec.

Ah, les beaux gestes.

Subvention déguisée

Le ministre de l’Environnement, David Heurtel, a promis des changements dans la gestion du fonds. Pour l’instant, ce Fonds vert ressemble toujours à une caisse noire.

Et voilà que la possibilité, évoquée dès 2014, d’utiliser une partie du Fonds vert pour rendre la cimenterie de Port-Daniel moins polluante, en substituant le coke de pétrole par du gaz naturel, refait surface.

Ce serait tout simplement scandaleux.

Le Québec a déjà englouti plus d’un milliard et demi de dollars dans cette cimenterie qu’on savait ultra polluante dès le début. Est-ce une façon détournée pour le gouvernement «d’investir» de nouveau dans la cimenterie sans que cela paraisse?

Qui sait? C’est silence radio du côté du ministre Heurtel.