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La mauvaise foi de Philippe Couillard

La mauvaise foi de Philippe Couillard
Photo d'archives

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Notre Premier ministre ne va pas bien. Pas bien du tout. Il rappelle Paul Martin qui brillant ministre des Finances était devenu par la suite un premier ministre médiocre sauf les caricatures qu'en faisait Chapleau à La Flaque.

L'histoire se répète, mais en plus navrant encore, pour Philippe Couillard. Ministre de la Santé, il imposait le respect avec sa superbe, son assurance, ses déclarations toujours bien dosées, souvent intelligentes et à peine teintées d'idéologie. Il y avait chez lui à cette époque une retenue qui en faisait un parlementaire crédible, et la plupart du temps, constructif et même affable avec ses adversaires. Je ne l'ai vu à l'époque user de mauvaise foi que dans un dossier, celui du projet de loi 7 qu'il défendait âprement. Ce projet niait, à toutes fins utiles,  le droit d'association (droit se se syndiquer) aux responsables de services de garde et de ressources intermédiaires en santé; Couillard épousait alors sans sourciller une rhétorique qu'il savait fausse pour endosser une cause de la droite économique qu'il incarne désormais sans retenue.

Depuis qu'il a accédé au poste de Premier ministre, Philipppe Couillard a laissé tomber son vernis de bienséance : il est devenu pugnace, hargneux, fait souvent preuve de mesquinerie et de malhonnêteté intellectuelle envers ses adversaires. Il rappelle en cela le Claude Ryan des  mauvais jours. Sa détestation ulcérée des indépendantistes lui fait perdre très souvent la hauteur requise d'un chef d'État ; il emprunte alors les habits du mercenaire dont le seul objectif est d'abattre l'autre. L'adversaire politique devient alors un ennemi dont on doit se débarrasser peu importe les moyens. Y compris la tromperie.

Son allusion islandaise à l'effet que Lisée emprunterait des airs familiers aux partis populistes d'Europe (que l'on asssocie aux partis d'extrême-droite) relève essentiellement d'une perte de contrôle devant la menace que représente  l'arrivée imprévue de Lisée dans le scénario politique tout bien huilé qu'il avait imaginé. Le voilà face à un politicien aguerri, qui en a vue d'autres, qui est articulé, d'une très grande culture sociale et politique, et qui de surcroît, lui enlève le mot référendum de la bouche, son arme semi-automatique de destruction électorale massive. Visiblement en état de panique, notre Premier ministre adopte la voie de la mauvaise foi (qu'il maîtrise aussi bien que Jean-Marc Fournier) tentant d'associer Lisée à ce qu'il y a de plus vilain alors que, étant donné toute l'érudition qu'on lui connait, il sait foncièrement qu'il crée un lien mensonger. Ce faisant, il témoigne plutôt de sa propre vulnérabilité et se comporte comme un assiégé.