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Abus de pouvoir

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Quand c’est Revenu Canada qui trouve que son cousin québécois est «trop agressif», c’est que ça ne va plus, il y a quelque chose qui cloche. Gravement.

Il y a, manifestement, abus de pouvoir.

C’est une tendance des dernières années­­: aux yeux du fisc québécois, tout le monde est coupable de quelque chose, tous autant que nous sommes.

Et ce qui est le plus désolant, c’est que cela ne provoque pas la moindre manifestation. À peine quelques questions à l’Assemblée­­ nationale, et la plupart du temps c’est la CAQ qui proteste...

La CAQ accusée ensuite d’être à droite et d’en avoir contre le modèle québécois...

Notre dossier sur le fisc montre que chaque fois qu’ils se font prendre à s’acharner injustement sur un contribuable, les collecteurs de l’Agence du revenu­­ du Québec invoquent les tribunaux ou le secret professionnel et envoient paître les médias.

«Aucun commentaire», diront les percepteurs. Sans la moindre compassion pour ce vieux couple accusé d’avoir triché ou ce restaurateur poussé à la faillite par les shylocks de la fiscalité.

Revenu Québec est devenu un organis­me tellement agressif qu’il fait peur aux Québécois. Personne ne souhaite avoir affai­re aux agents du fisc québécois.

Cent milliards

Poussés à l’hyperactivité par des gestionnaires­­ sans pitié, dont les comportements rappellent parfois les arracheurs du régime stalinien.

Notre reportage a aussi montré le laxisme de cette agence qui a grandement besoin­­ de faire un examen de conscience. L’État a besoin de fric, mais ce n’est pas une raison­­ pour dépouiller la population.

Avis de cotisation erronés, corrections arbitraires, le modèle d’affaires de Revenu­­ Québec est connu: on exagère, on soustrait, on collecte. Jos Bonano a inventé­­ la recette...

Cette société parapublique évolue dans un secret hermétique; ce n’est pas sans raison. On ne tient pas à ce que les contribuables en sachent trop sur ses métho­des­­. Parce qu’on finirait par comprendre qu’il fait des victimes innocentes en toute connaissance de cause.

Son statut d’agence l’a éloignée du pouvoir­­ politique. Le gouvernement se contente maintenant d’empocher sans mot dire les cent milliards collectés chaque année, parfois en gâchant des vies...