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Le député européen José Bové expulsé du Canada

Le militant devait faire une allocution mardi soir

<b>José Bové</b><br />
Militant
Photo AFP José Bové
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Le député français au Parlement d'Europe José Bové, qui devait donner une conférence sur le libre-échange, devrait être expulsé du pays mercredi après-midi, après avoir été retenu aux douanes.

Le militant écologiste et altermondialiste venait dénoncer l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne lors d’une allocution au Centre Saint-Pierre organisée par le Conseil des Canadiens.

«C’est complètement aberrant, d’autant plus que j’ai été élu deux fois comme député», a soutenu José Bové, en entretien avec Le Journal. 

À peine arrivé de Paris vers 16 h, le militant écologiste a été retenu cinq heures dans une salle de l’aéroport Montréal-Trudeau mardi. On lui a ensuite saisi son passeport, vers 21 h, afin qu’il puisse aller dormir à l’hôtel en attendant le prochain vol vers Paris, prévu à 13 h 30 aujourd’hui.

«C’est grotesque comme situation. On a une image du Canada qui n’est pas du tout celle à laquelle nous avons droit aujourd’hui, a affirmé son attaché de presse, Jean-Marc Desfilhes. De notre point de vue, le Canada, c’est une belle et grande démocratie. Ça m’inquiète de voir que des personnalités publiques comme José Bové soient interdites d’entrer dans une démocratie pour venir parler à des citoyens canadiens.»

Les organisateurs de la conférence ont prévu une autre allocution de M. Bové ce matin, vers 10 h 30. «Il sera assurément question de l’accord, mais aussi de liberté d’expression», a dit Louis-Serge Houle, de la CSN, qui participe à l’organisation.

Des réponses

M. Bové, qui est aussi éleveur de brebis et fromager, s’est notamment fait connaître en 1999 lorsqu’il a participé à la démolition symbolique d’un McDonald’s en construction. Il a aussi contribué à faucher des champs de maïs transgénique pour combattre les OGM. Ce sont ces deux actions pour lesquelles il a été condamné qui ont été évoquées mardi pour l’expulser, a-t-il souligné.

«C’est un comble, a-t-il ajouté.  Je suis chassé alors qu’on avait des rencontres avec des syndicats et des sociétés civiles, sur des questions qui mobilisent les gens ici comme en Europe.»

Selon M. Bové, le traité constitue «un recul majeur» pour les fermes familiales des deux côtés de l’Atlantique, au profit de l’agriculture industrielle.

Le traité doit entrer en vigueur en 2017 s’il est ratifié par le Canada et tous les pays de l’Union européenne.