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Sortie de secours

Sortie de secours
Photo Annie T. Roussel

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Si j’avais voté à la course à la chefferie du PQ, j’aurais assurément donné mon vote à Jean-François Lisée. 

 

J’étais donc heureuse de constater vendredi soir que les membres du PQ avaient, selon moi, fait le bon choix en élisant Lisée, un homme pragmatique, brillant et lucide. 

 

Certains ne devaient pas partager mon enthousiasme, comme Philippe Couillard, qui étalait publiquement en fin de semaine sa méconnaissance totale des courants politiques en associant Jean-François Lisée aux partis d’extrême droite. 

 

C’est tout de même troublant de constater qu’on puisse devenir premier ministre du Québec en associant à l’extrême droite tous ceux qui ont des interrogations normales quant aux seuils d’immigration du Québec. 

Visiblement, certains n’ont pas peur de se couvrir de ridicule. 

 

Un autre chef de parti devait espérer la victoire d’un autre candidat. 

 

Je pense à François Legault, qu’on devine aussi nerveux du résultat du vote, lui qui aurait probablement vu la CAQ bénéficier d’une hausse dans les sondages si Alexandre Cloutier avait été élu à la tête du PQ. 

 

Il a pourtant eu une réaction positive, se limitant à écrire sur les réseaux sociaux qu’il « admirait ceux qui font le choix du service public. » Sage réaction. 

 

Il ne semble pas oublier que plusieurs nationalistes, qui demeureront au PQ le temps de donner une chance à Lisée, ne seront pas très loin de son parti si celui-ci échoue à rapatrier les souverainistes de centre et déçus au bercail. Ou à ceux qui logent plutôt à droite, ou de centre droit, qui ont peut-être entendu dans le discours de victoire de Lisée que leur place n’était peut-être pas au Parti québécois. 

 

C’est d’ailleurs une chose que je reproche au discours de Lisée : plusieurs souverainistes sont de centre droit. J’espère qu’il ne répètera pas l’erreur de certains en laissant de côté les gens qui rêvent d’avoir un pays, mais qui ne sont pas épris de « simplicité volontaire. » 

 

Sur les réseaux sociaux, certains s’emballent et parlent même d’une « renaissance » du PQ sous Lisée. 

 

Je ne partage pas leur enthousiasme : si une personnalité comme Pierre-Karl Péladeau n’a pas réussi à renverser la vapeur, qui stagne depuis quelques années, je ne vois pas comment Jean-François Lisée pourrait y parvenir. 

 

Depuis la soirée d’élection du chef vendredi, je suis retournée au livre Sortie de secours, qu’a écrit Lisée en 2000, publié chez Boréal, (auquel j'emprunte le titre pour mon texte.)

 

C’est d’ailleurs un livre auquel je reviens assez souvent, parce qu’il est empreint de réaliste alors que le péquiste moyen ne l’est pas toujours. 

 

Il conclut celui-ci en souhaitant que « (...) les dirigeants et les militants du Parti québécois fassent la plus grande démonstration de leadership de leur histoire (...) S’ils constatent, comme je le pense, que la lucidité et l’urgence d’agir convergent vers une même conclusion, ils pourront, par leurs décisions, ouvrir un nouveau cycle historique, déverrouiller l’opinion, s’évader de l’enfermement de l’échec, donner aux Québécois une chance raisonnable d’échapper au déclin, de reprendre leur élan, de se projeter dans l’avenir. » 

 

J’espère que maintenant qu’il est à la tête du parti, il sait où sont les clés qui lui permettront de mener son parti -et l'idée qui le fait vivre, et survivre- à bon port. 

 

Souhaitons qu’il n’oublie pas que les membres du PQ ne sont pas le Québec, et sache parler aux Québécois de ce qu’il faut faire pour « Chasser les Libéraux » d’abord, et permettre au Québec de se remettre enfin sur les rails.