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Se discréditer

ARG-LA RUCHE
Photo Agence QMI, TOMA ICZKOVITS

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Jean-Martin Aussant aurait dû avoir un grand avenir politique.

 

C’est un excellent orateur, un brillant économiste et un homme bourré de charisme et de talent. 

 

En quelques jours, il a pourtant fait certains choix douteux qui le discréditeront probablement pour la suite des choses. 

 

L’héritier de Parizeau revient sur la place publique en cofondant un énième groupe de discussion pour échanger entre convaincus. Délaissant du même coup le parti qu’il a lui-même fondé, Option nationale. 

 

Disons que le Québec ne manque pas de groupe où « On peut se parler » celui-ci ne se distingue pas nécessairement des autres NMQ : toutes ses têtes d’affiche cochent à gauche, ne laissant qu’une infime place à la discussion et au débat avec des gens associés au centre ou à droite de l’échiquier politique. D’ailleurs, plusieurs de leurs idées sont déjà toutes écrites, écrivant d’abord les solutions, discutant ensuite. Parce que les idées du « vrai monde » semblent faire peur. 

 

« Faut qu’on se parle », ajoutait d’ailleurs des membres à ses têtes d’affiche cette semaine : toujours et encore plus à gauche. Belle façon de répondre aux critiques, que de s’enliser dans un concept que plusieurs ont dénoncé. 

 

Inviter des gens de centre ou de centre droit ? Jamais de la vie ! 

 

Normal qu’on ne les invite pas à la discussion : on s’attaque, dès les premières lignes des écrits de « Faut qu’on se parle » aux idées que les nationalistes défendent ; que ce soit l’identité ou l’immigration. On ne parle pas non plus de langue française, comme si c’était un vieux débat alors que la grande région métropolitaine s’anglicise à grande vitesse et que les immigrants sont de moins en moins nombreux à choisir de se franciser. 

 

Ce sont des sujets qui préoccupent légitimement les gens, mais on décide de les traiter avec dédain chez Nadeau-Dubois, Aussant et leurs acolytes. 

 

En s’associant à « Faut qu’on se parle », je ne vois plus très bien comment Jean-Martin Aussant pourrait légitimement avoir sa place dans un grand parti politique, maintenant qu’on sait que pour lui, une seule option semble valoir : à gauche toute.

Faudra-t-il lui rappeler que si le Québec devient un pays, ce sera aussi grâce aux votes des gens qui ne pensent pas comme lui ? Il faudrait lui rappeler que l’indépendantiste moyen – ou le Québécois nationaliste moyen — ne s’associe ni à Gabriel Nadeau-Dubois, ni à Aurélie Lanctôt. Il en est même très loin, se rapprochant davantage de l’extrême centre que des idées de Québec solidaire.

 

C’est peut-être seulement moi, mais je ne sais pas trop ce que fait Aussant à « Faut qu’on se parle. » Quand il parlait de « La fin de tous les exils » aux funérailles de Parizeau, j’ai espéré qu’il reprenne sa place au PQ, ou même à Option nationale, où il aurait été beaucoup plus utile. J’espère qu’il ne ressortira pas trop abîmé de cette aventure de « Faut qu’on se parle » qui ne devrait pas être la sienne. 

 

Aussant était l’un de nos politiciens les plus inspirants, dommage qu’il semble maintenant penser maintenant que réunir les gens de tout acabit autour du projet d’indépendance semble franchement ringard.