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Cousins en couple aux yeux de la loi

Un fonctionnaire leur répond que c’est normal en raison de la « consanguinité » au Saguenay

Isabelle Sauvé et Jacques Castonguay, qui sont cousin et cousine, se voient réclamer près de 28 000 $ chacun par l’État, sous prétexte qu’ils sont considérés comme un couple.
Capture d'écran TVA Isabelle Sauvé et Jacques Castonguay, qui sont cousin et cousine, se voient réclamer près de 28 000 $ chacun par l’État, sous prétexte qu’ils sont considérés comme un couple.

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Un cousin et une cousine se disent victimes de préjugés. Selon eux, le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale du Québec leur réclame près de 28 000 $ chacun sous prétexte qu’ils sont un couple aux yeux de la Loi et que la consanguinité est chose fréquente dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

En juin dernier, Jacques Castonguay et Isabelle Sauvé ont sursauté devant une lettre de l’État, leur réclamant la somme totale de près de 56 000 $, sous prétexte qu’ils auraient fait de fausses déclarations. Selon Québec, ces derniers sont considérés comme un couple, puisqu’ils résident à la même adresse.

«On est cousin-cousine! Premièrement, consanguin, ça ne se peut pas. En plus, on ne reste même pas ensemble», se défend Jacques Castonguay en entrevue à TVA Nouvelles.

Cette situation particulière s’explique par le fait que de 2011 à 2015, Jacques Castonguay travaillait comme déneigeur sur le territoire de la Baie-James, d’octobre à avril. L’été, il revenait vivre dans sa roulotte, sans adresse postale.

Durant son absence

Ce dernier avait pris une entente avec sa cousine, prestataire d’aide sociale, qui habite son propre logement à Chicoutimi. Le travailleur faisait livrer son courrier à l’adresse de cette dernière et avait même signé une procuration afin qu’elle puisse gérer ses comptes durant son absence.

«Ça me prend quelqu’un pour renouveler mes plaques, parce que là-bas, je ne peux pas faire ça. C’est comme à L’Étape, mais c’est encore plus isolé que ça. (...) Toutes les affaires que je ne pouvais pas faire l’hiver là-bas, c’est elle qui s’occupait de ça», précise M. Castonguay.

Scandalisés

Quand Jacques Castonguay et Isabelle Sauvé ont expliqué au ministère qu’ils ne pouvaient pas être considérés comme des conjoints parce qu'ils étaient cousin et cousine, la réponse d’un fonctionnaire les a scandalisés.

«On m’a répondu que dans la région, il y avait beaucoup de consanguins, que c’était un peu normal de voir ça», raconte Isabelle Sauvé, qui n’en revient toujours pas.

Le coordonnateur de l’organisme Lastuse, Sylvain Bergeron, qui était présent lors de leur conférence téléphonique avec le ministère, confirme que le fonctionnaire a bel et bien tenu ces propos. «J’ai dit: “vous êtes en train de faire de la consanguinité au ministère’’. Ils nous ont répondu: ‘‘eh bien, M. Bergeron, dans votre région, la consanguinité vous connaissez ça.” Là, j’ai pété une coche», admet-il.

Le ministère a refusé de commenter. Quant à Jacques Castonguay et Isabelle Sauvé, ils demanderont au Tribunal administratif du Québec d’analyser la réclamation qui leur est faite.