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Agressions à l'Université Laval: unis pour les victimes

Agressions à l'Université Laval: unis pour les victimes
PHOTO ANNIE T. ROUSSEL

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Plusieurs centaines de personnes ont chaleureusement appuyé les victimes d'agressions et vigoureusement hué le recteur de l'Université Laval mercredi soir lors d'une vigile organisée pour dénoncer les violences sexuelles.

«On vous croit. Vous n'êtes pas seules», a scandé pendant 90 minutes la foule réunie pour soutenir les victimes des agressions survenues le week-end dernier à l'Université Laval.

«On a organisé cet événement pour signifier qu'on est dégoûtés par ce qui s'est passé», a lancé l'instigateur du mouvement, le professeur Thierry Giasson. Ce dernier, qui avait dénoncé la haute direction, n'a pas voulu remettre d'huile sur le feu.

Agressions à l'Université Laval: unis pour les victimes
Photo Annie T. Roussel

Plusieurs ministres, députés, organismes de soutien, professeurs et étudiantes ont assisté à ce rassemblement servant à dénoncer les comportements inacceptables qui se sont produits à l'intérieur des résidences du pavillon Alphonse-Marie Parent.

«On lance la guerre à la culture du viol», ont ajouté Mélanie Lemay et Ariane Litalien, deux victimes d’agression sexuelle qui militent aujourd’hui pour la sensibilisation à l’égard de la violence sexuelle particulièrement sur les campus étudiants.

Agressions à l'Université Laval: unis pour les victimes
Photo Annie T. Roussel

Emportée par la vague de sympathie, une jeune femme a surpris les participants en affirmant au micro qu'elle avait été agressée par un homme qui siège maintenant à l'Assemblée nationale.

Agressions à l'Université Laval: unis pour les victimes
Photo Annie T. Roussel

Sous les huées

Le recteur de l'Université Laval, Denis Brière, a pris la parole après avoir été vivement critiqué. Seul sur scène et sous les huées, il a tenté de lire son texte alors que plusieurs réclamaient sa démission.

Agressions à l'Université Laval: unis pour les victimes
Photo Annie T. Roussel

«Ce sont des événements qui bouleversent tout le monde. Je vous remercie de votre présence en si grand nombre pour condamner sans réserve toutes les violences sexuelles. Je salue particulièrement toutes les femmes qui ont eu le courage de dénoncer», a-t-il affirmé.

Agressions à l'Université Laval: unis pour les victimes
Photo Annie T. Roussel

«Trop peu trop tard, mensonge!» ont répondu des étudiants insatisfaits.

Interrompu à plusieurs reprises, le recteur s'est engagé à trouver des solutions concrètes.

Après cet autre moment difficile, M. Brière a répété qu'il était impossible pour lui de parler publiquement au cours du week-end dernier. «Je me sens un peu libéré parce que maintenant je peux m'exprimer. J'ai suivi à la lettre le fait que je ne devais pas parler. Dans des circonstances comme ça, moi j'étais torturé. Je n'ai pas répondu aux attentes. Ce modèle où je ne peux pas parler, ça va changer», a-t-il promis. Avec l'appui du conseil d'administration et du gouvernement, Denis Brière espère pouvoir gérer différemment les crises sur son campus.

DES PARTICIPANTS SOLIDAIRES

 «La culture du viol, c'est aussi de se faire responsabiliser pour ne pas avoir barré sa porte.»

— le comité Femmes ULaval

«La violence sexuelle, c'est terminé. On est avec vous de tout cœur.»

— Marie-France Poulin, présidente du conseil d'administration de l’Université Laval

«J'ai habité ici au pavillon Parent. Ça va briser l'isolement et la honte. J'ose espérer que des hommes vont se dire peut-être que ce n'est pas normal les comportements violents envers les femmes et peut-être les aider à aller chercher de l'aide.»

— Sophie Chiasson

«Je crois que nous avons l'occasion de partir la roue pour dire non aux violences sexuelles.»

— le vice-recteur Éric Bauce

 «Ça fait des années que je dis que notre corps nous appartient.»

— Agnès Maltais

«J'ai deux enfants qui n'ont pas eu la chance d'avoir des cours d'éducation sexuelle et de relations saines parce que l'on considère que ce n'est pas un investissement qui vaut la peine.»

— Manon Massé