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Alice au pays des merveilles et autres mensonges

Alice au pays des merveilles et autres mensonges
Capture d'écran vidéo TVA

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Il était une fois Alice, très loin du pays des merveilles.

Il était deux fois des jeunes filles de l’université Laval, agressées pendant la nuit.

Il était trois fois l’amie d’Alice, Rosalie, elle aussi victime d’agression sexuelle.

 

Trois histoires, des contes sans fées, dans la même semaine. Après Trump, après Cosby, après Aubut. Après FHRITP. Après des initiations universitaires dégradantes.

 

Alice, agressée par un député, qui avait peur cet après-midi, inquiétée des répercussions de son aveu. Même après avoir été abandonnée par le système qui devrait la protéger, même après avoir été trahie par la politique à laquelle elle s’intéresse, Alice fait preuve de plus de considération, d’empathie, que l’individu qui l’a envoyée à l’hôpital subir des points de suture.

 

Les jeunes filles de l’université qui s’appuient à grands coups de #OnVousCroit.

 

Rosalie, qui a pris la balle au bond pour son amie Alice et fait face aux médias avec aplomb et assurance toute la journée.  

 

Des femmes qui n’ont pas attendu le prince charmant. Qui ont pris les choses en main et ont refusé de crier en silence comme trop de victimes d’agression. Comme la majorité des victimes d’agression.

 

Car 70% des agressions sexuelles ne sont jamais rapportées et en voyant le traitement que subissent les victimes, on comprend. De tous les crimes sexuels rapportés (juste 30%, je rappelle), seulement 3% des agresseurs font de la prison.

 

Je ne sais pas pourquoi c’est le seul type de crime où la majorité des gens part avec un préjugé défavorable envers la victime. C’est la minorité de ces crimes qui sont rapportés mais comme par hasard on croit toujours que c’est LA fausse accusation. Parce que ça semble tellement glamour, enrichissant et plaisant le processus d’accuser quelqu’un de viol n’est-ce pas? Qui ne voudrait pas l’essayer? 

 

« Dis-donc, Alice, j’ai le goût de m’amuser on fait quoi? On magasine?  On va à La Ronde? »

 

« -Nan, Rosalie, pour vraiment s’amuser, on va accuser quelqu’un d’agression sexuelle! Le Fun toi! »

 

Une fois que tu plonges, malgré toutes tes appréhensions, tu dois ensuite subir non seulement l’enquête humiliante, non seulement une structure largement patriarcale qui laisse partir la vaste majorité des violeurs, mais aussi ce qu’on appelle la culture du viol.

 

Nier la culture du viol en 2016 c’est comme nier l’Holocauste. Ce que je préfère penser c’est que plusieurs ne comprennent pas le phénomène, pensent que c’est le fait d’explicitement encourager le viol. C’est beaucoup, beaucoup plus vaste et subtil que ça.

 

Une petite parenthèse pour parler de consentement. Le consentement est l’accord volontaire de la victime à l’activité sexuelle. Selon l’article 273.1(2) du Code criminel, de un : une personne fortement en boisson ou gelée ne peut pas consentir. De deux : du premier regard au dernier mouvement de bassin avant ton orgasme, quiconque est libre de retirer son consentement à tout moment. Capice?

 

Revenons donc à la culture du viol. Bien que sa définition varie un peu d’un organisme à l’autre, en général elle inclut ces concepts : blâme de la victime, objectification sexuelle, minimisation du geste ou des séquelles de violences sexuelles, déni de l’existence du viol ou combinaison de plusieurs de ces concepts.

 

Ces commentaires, qui concernent Alice, en font absolument partie :

Commentaires FB Alice
Alice au pays des merveilles et autres mensonges
Journal de Québec

 

C’est un problème sérieux qui agresse à nouveau les victimes de violences sexuelles. Ce n’est pas très civilisé, plutôt brutal et totalement sans cœur.

 

J’Ignore ce qui s’est passé exactement entre Alice et son agresseur. Eux seuls le savent. Je sais cependant que ces jeunes femmes nous ont montré cette semaine à quoi ressemble la grâce, la force, la détermination et le courage.  

 

Je connais au moins un recteur, quelques policiers, des personnalités radio et plusieurs politiciens qui devraient s’en inspirer. En attendant une enquête qui avancera peut-être enfin, merci Alice, Rosalie et les autres jeunes femmes. Vous m’émouvez. Et surtout, #JeVousCrois.