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Agression sexuelle présumée: la plainte prise au sérieux depuis le début, assure la police

Agression sexuelle présumée: la plainte prise au sérieux depuis le début, assure la police
Photo Le Journal de Québec, Stevens Leblanc

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Bien qu’Alice Paquet ait affirmé au Journal, à plusieurs reprises, avoir été défiée par l’agent de police lors de sa plainte pour agression sexuelle présumée contre le député Gerry Sklavounos, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) et le maire Régis Labeaume démentent cette affirmation.

Jeudi, durant l’entretien de deux heures qu’elle a accordé au Journal, Alice Paquet a souligné qu’elle avait été défiée par le policier qui a pris sa déposition.

«On me disait que cette personne-là va tout perdre. Il a une femme, des enfants pis faut vraiment que je sois certaine des faits, de ce qui s’est passé, parce que si ça va plus loin, lui, il va perdre sa carrière», que Gerry Sklavounos était «un député et un ancien avocat de la défense», a-t-elle relaté.

Une version des faits qu’Alice a changée lors de certaines entrevues avec d’autres médias, soulignant que ce sont plutôt des proches qui l’ont défiée.

En entrevue au Journal, le responsable des enquêtes criminelles du SPVQ, Sylvain Gagné, a désiré rectifier le tir et signaler qu’aucun agent n’avait agi de la sorte envers la victime présumée.

«La direction du service a pris ça très au sérieux et on a fait des vérifications. Et, à partir des vérifications qu’on a faites, moi, je peux vous dire qu’il n’y a aucun policier qui a fait ça», a-t-il assuré.

Le maire de Québec s’est aussi assuré qu’aucune pression n’avait été faite lors du dépôt de la plainte d’Alice Paquet.

«Tout s’est très bien déroulé», a-t-il indiqué. «Ils ont beaucoup tenté de communiquer avec la dame [...] ce sont des policiers très expérimentés. Ce sont toujours les mêmes policiers qui accueillent ce genre de plaintes», a mentionné le maire.

Notion de temps

Par ailleurs, Alice a souligné au Journal que les enquêteurs avaient attendu plus d’un mois après sa plainte avant de la contacter.

«Dans son cas, je l’ai constaté moi-même, j’ai fait des vérifications. Le dossier a été traité très, très, très rapidement, comme il se doit de l’être. L’enquêteur au dossier, après avoir reçu le dossier et en avoir pris connaissance, le premier geste qu’elle a posé, c’est de contacter la victime, et ce, dans un court délai de quelques minutes», assure le responsable. Il indique néanmoins qu’Alice a pu dresser un portrait différent de la situation sans qu’il s’agisse d’une «fausseté».

«Je ne veux pas que ce soit interprété comme une fausseté de sa part», a insisté Sylvain Gagné. «C’est dans le sens de la perception des victimes. La notion de temps et la vitesse à laquelle ils vont faire les procédures, c’est différent d’une victime à l’autre.»

Depuis qu’elle a dénoncé les deux agressions sexuelles présumées perpétrées contre elle par le député libéral Gerry Sklavounos, Alice a rencontré les enquêteurs. Elle aurait également des communications téléphoniques régulières. «On l’incite à poursuivre sa démarche», dit-il.

Et si elle a peur? «Il faut qu’elle vienne nous voir. Les enquêteurs qu’elle va rencontrer, ce sont des enquêteurs d’expérience, des gens qui sont spécialisés, formés, et qui sont très dévoués aux victimes et [au soutien] des victimes», précise-t-il.

Sylvain Gagné assure aussi que l’enquête a toujours été active depuis le dépôt de la plainte en mars dernier, ajoutant que de nombreux gestes ont été posés. Toutefois, Gerry Sklavounos n’a toujours pas été rencontré.

«On continue l’enquête. On a des expertises à voir. On a des témoins à rencontrer. On a la corroboration à faire. Une agression sexuelle, ça se passe entre deux personnes. Il y a une version et il faut la valider. Quand tout ça sera fait, on pourra rencontrer le suspect», a-t-il expliqué.

Le chef des enquêtes n’a pu confirmer que les policiers ont en leur possession la trousse médicolégale qu’Alice aurait reçue à l'hôpital le lendemain de la première agression présumée.