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Un passé inadmissible en cour

Les antécédents d’escorte d’Alice Paquet ne peuvent être invoqués contre elle selon le DPCP

​Alice Paquet faisant ses révélations lors de la vigile à l’Université Laval la semaine dernière.
Photo Annie T. Roussel ​Alice Paquet faisant ses révélations lors de la vigile à l’Université Laval la semaine dernière.

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Alors qu’Alice Paquet se dit «choquée» que ses antécédents d’escorte aient refait surface publi­quement, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a assuré que le passé sexuel d’une plaignante est inadmissible en cour.

En entrevue au Journal, le DPCP souligne qu’un article du Code criminel empêchait les procureurs de présenter au tribunal une preuve axée sur le passé sexuel d’une plaignante afin de miner sa crédibilité.

«Le passé sexuel d’une plaignante est inadmissible à la cour. Elle n’est pas plus susceptible d’avoir consenti à une activité ou elle n’est pas moins digne de foi en raison de son passé sexuel», a expliqué le porte-parole du DPCP, Me Jean-Pascal Boucher. «C’est un mythe qui a été rejeté par la Cour suprême».

Le DPCP a toutefois refusé de commenter le cas précis d’Alice Paquet, qui allègue avoir été agressée sexuellement par le député indépendant Gerry Sklavounos

Dans une lettre ouverte au quotidien Le Devoir, Alice Paquet qualifie les révélations sur sa vie privée de «voyeurisme déplacé».

«Ce qui me choque, c’est qu’on ait fouillé
dans ma vie privée pour y repérer des
détails qui n’ont servi qu’à détourner
l’attention publique de l’agression dont j’ai
été victime et à camoufler l’enjeu principal
— en l’occurrence la banalisation et la
minimisation systématiques des violences
sexuelles à l’endroit des femmes»

— Extrait de la lettre d’Alice Paquet dans Le Devoir

Rencontre

Après avoir raconté sa version des faits dans les médias, la jeune femme devait rencontrer les enquêteurs à Québec hier. Selon les vérifications du Journal, cet entretien n’aurait toutefois pas encore eu lieu. Le SPVQ n’a pas confirmé avoir rencontré Alice Paquet.

Si le dossier se retrouve entre les mains des procureurs du DPCP, ils analyseront la preuve, et ce, même si le processus de dénonciation d’Alice Paquet s’est fait sur la place publique. «Comme procureurs, on ne doit pas juger la façon dont les plaignantes choisissent de dénoncer des agressions qu’elles disent avoir subies. Nous, on se doit de les appuyer en demeurant objectifs et en faisant une analyse de la preuve», mentionne Me Boucher.

Le témoignage d’Alice Paquet a cependant varié d’une version à l’autre dans les médias. Quelques contradictions ont également été soulevées. Malgré tout, des accusations contre Gerry Sklavounos pourraient être déposées.

«Ce n’est pas parce qu’il y a des contradictions que nécessairement on évacue une déclaration. C’est vraiment l’ensemble de la preuve qui va permettre au juge d’en arriver à un verdict», a spécifié Me Boucher, relatant que la plaignante doit être informée du processus judiciaire complet.

Le député introuvable

Le député Gerry Sklavounos et son personnel se font plutôt discrets depuis les révélations d’Alice Paquet.

Des articles de quotidiens et des caricatures ont été apposés sur la façade du bureau de sa circonscription montréalaise de Laurier-Dorion, boulevard Saint-Laurent, a constaté TVA Nouvelles.

Contrairement à ce que certaines rumeurs ont laissé entendre, Gerry Sklavounos n’est pas parti à l’étranger, a précisé un employé de son bureau. Il reste en retrait, au Québec, avec sa femme et ses enfants.

—Avec la collaboration de l’Agence QMI