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Les carottes sont cuites pour les patates en poudre

Gaétan Barrette
Photo Simon Clark Gaétan Barrette

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Les dépenses additionnelles en santé vont permettre de mieux nourrir les aînés en CHSLD, affirme Gaétan Barrette, qui promet la fin des patates en poudre pour les personnes âgées.

«Les patates en poudre, on peut imaginer que ça achève», a lancé le ministre de la Santé mercredi.

Le gouvernement Couillard a annoncé mardi dans sa mise à jour économique un surplus de 2,2 milliards qui justifie des dépenses additionnelles de 100 M$ en santé cette année. Une partie de ces sommes sera dédiée aux CHSLD qui sont «prioritaires», et permettront d’adopter de meilleures «pratiques de gestion alimentaire».

C’est un revirement pour le ministre, qui avait défendu l’usage des patates déshydratées cet été. «Les CHSLD, comme n’importe quelle institution, doivent s’adapter à la situation actuelle, celle du marché. La qualité de la nourriture sur le plan nutritionnel ne change pas. Les services sont donnés», avait-il dit.

C’est un résident d'un CHSLD de Montréal, Robert Tremblay, qui avait révélé en juin dernier dans le Journal la présence de aliment dans son établissement de santé. Il est réjoui de l’annonce du ministre, mais demeure sceptique. « Je suis content de l’annonce, mais je suis comme Thomas. Je vais le croire quand je vais le voir », dit l’homme de 56 ans. « J’ai essayé d’en prendre, je trouve ça dégueulasse », ajoute-t-il.

Victimes des compressions ?

Même s’il compte réinvestir dans les CHSLD pour améliorer les services, M. Barrette nie toutefois que les compressions dans les budgets de la santé ont pu nuire aux patients.

Les cas odieux de mauvais traitements rapportés dans les médias – un repas avalé en huit minutes, une couche pas assez pleine pour être changée, une dame qui doit dormir dans son fauteuil roulant, pas plus d’un bain par semaine – sont le résultat d’une campagne de maraudage syndical».

Le Parti québécois croit plutôt qu’il s’agit des conséquences de compressions trop importantes. Le surplus de 2,2 milliards est un «déficit de compassion», la preuve que le gouvernement a trop coupé, estime Jean-François Lisée.

«Quand Philippe Couillard a-t-il su, au cours de la dernière année, qu'il coupait davantage que ce qui était nécessaire pour son objectif de déficit zéro?», a-t-il lancé en chambre.

De son côté, François Leguault a plutôt déploré l’absence de baisses d’impôts significatives dans la mise à jour, qualifiant le retrait de la taxe santé de «miettes» pour les contribuables.

— Avec la collaboration d’Héloïse Archambault

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