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Des expos de plus en plus technos

Plusieurs établissements québécois ont entrepris un virage résolument numérique

L'exposition La bibliothèque, la nuit, de Robert Lepage, propose une expérience de réalité virtuelle.
Photo Didier Debusschère L'exposition La bibliothèque, la nuit, de Robert Lepage, propose une expérience de réalité virtuelle.

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Des visites avec des tablettes électroniques, des lunettes de réalité virtuelle, des projections multimédias, des applications mobiles, des expositions en ligne... Les visites au musée ne sont plus ce qu'elles étaient. Plus particulièrement cet automne, la technologie s'invite dans les salles d'exposition de nos musées québécois, qui sont en plein dans le virage numérique.

À Québec, au Musée de la civilisation, quatre grandes expositions misent sur la technologie. Dans les salles de 25x la révolte et Resiliencia. Récits de vie du Brésil, la projection audiovisuelle est l'élément central. L'exposition La bibliothèque, la nuit, de Robert Lepage, repose quant à elle sur une expérience de réalité virtuelle avec des lunettes Oculus Rift, jumelée à une exposition de livres anciens.

Au Centre PHI, à Montréal, qui se décrit comme «une destination majeure d'expériences de réalité virtuelle», l'exposition Björk Digital, inaugurée lundi, est aussi un bel exemple.

«C'est la première fois qu'on va vers une exposition aussi technologique», souligne la porte-parole Myriam Achard. L'exposition combine réalité virtuelle, projections vidéo et espaces interactifs, dans le but de découvrir les multiples facettes de l'artiste islandaise.

Au Musée de la civilisation, l'exposition Resiliencia. Récits de vie du Brésil propose 
des projections audiovisuelles.
Photo Didier Debusschère
Au Musée de la civilisation, l'exposition Resiliencia. Récits de vie du Brésil propose des projections audiovisuelles.

Stimuler l'expérience

Avec la technologie, les musées québécois redéfinissent complètement la visite au musée.

«C'est une partie de l'avenir des musées», souligne Stéphan LaRoche, directeur général des Musées de la civilisation.

«Des études démontrent que lorsqu'un visiteur fait un parcours, par exemple, avec une application mobile où il peut noter les objets qu'il préfère, prendre une photo, faire un commentaire, il reste beaucoup longtemps dans les expositions et il retient aussi beaucoup plus d'information», note celui dont l'organisation compte pas moins de 25 projets numériques en développement.

«On est définitivement là-dedans, et c'est important pour valoriser et dynamiser les contenus», affirme Pascale Grignon, directrice marketing et communications au Musée McCord, à Montréal, qui expérimentera la technologie 3D dans son exposition sur le photographe William Notman, dès le 24 novembre.

L'objet, toujours important

L'invasion de la technologie dans les salles muséales signifie-t-elle la disparition de l'exposition de l'objet? Stéphan LaRoche est catégorique.

«Absolument pas, au contraire, dit-il. Comme on vit dans un univers de plus en plus numérique, on sent qu'il y a un attrait pour l'objet qui est encore plus fort. (...) Il y a un moment d'émotion lorsqu'on est face à un objet qui date de 1850, par exemple.»

«On enrobe la visite de différente façon, mais ultimement, ce qui fait vibrer les gens, ce sont les objets», soutient Pascale Grignon.

Les dangers

Justement, le danger de la technologie serait d'attirer le visiteur sur les outils technologiques plutôt que sur le contenu de l'exposition elle-même.

«Il faut créer des produits pour agrémenter l'expérience musicale sans nuire aux objets, affirme Anne-Josée Lacombe, responsable... La dernière chose que je veux faire, c'est mettre un écran entre l'objet et le visiteur et qu'on passe complètement à côté de cette relation-là.»