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Congestion routière: Labeaume prône un troisième lien dans l'ouest

Le maire invite le gouvernement à lui fournir un échéancier rapidement

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Québec a besoin d’un troisième lien, et celui-ci doit se situer dans l’ouest de la ville, a tranché vendredi Régis Labeaume.

Le maire de Québec, qui avait promis de mettre «de la logique et du rationnel» dans le débat sur le troisième lien, a présenté, vidéo à l’appui, un portrait global de la circulation à Québec, élaboré à l’aide des données du ministère des Transports, de celles de la Ville et des images aériennes.

Il en a tiré des «constats évidents». Il y a beaucoup plus de voitures qui se déplacent de Lévis à Québec que l’inverse en période de pointe du matin. Les trois quarts des déplacements à partir de la Rive-Sud proviennent de l’ouest de Lévis et aboutissent dans l’ouest de Québec.

Et ce n’est pas près de changer, selon le maire, qui souligne que la capacité actuelle des ponts est manifestement dépassée en période de pointe.

À la hauteur des ponts

«Pour la Ville de Québec, il est évident que le troisième lien doit être construit dans l’ouest et idéalement à la hauteur des ponts», a-t-il tranché, se gardant de préciser s’il préconise un tunnel ou un pont.

Mais il veut que le projet démarre et il est même prêt à en faire une bataille politique. «Notre objectif, c’est d’avoir un échéancier le plus tôt possible.»

Régis Labeaume a indiqué que, selon lui, une étude détaillée est nécessaire. Il est d’avis que le troisième lien à lui seul ne peut régler les problèmes de congestion entre les rives.

Le transport en commun, l’aménagement du territoire et un changement des habitudes, dont la modification des horaires de travail, le télétravail ou le covoiturage, doivent donc être combinés pour parvenir à une amélioration.

Dans le camp du MTQ

La balle est maintenant dans le camp du MTQ, dit M. Labeaume. «Est-ce possible que pour le prix du tunnel à 4 milliards $, le gouvernement puisse investir pour un SRB, un pont et plus? Je pose la question.»

Une invitation à l’étalement urbain

Un troisième lien ne fera qu’encourager l’étalement urbain, estiment les organismes de promotion de la mobilité durable.

Étienne Grandmont, directeur général d’Accès transports viables, rappelle que le maire Labeaume, en 2009, affirmait que l’ajout de nouvelles voies de circulation n’était pas la solution et qu’il fallait plutôt miser sur des voies réservées au transport en commun.

« Aveu d’échec »

Après la conférence de presse sur le troisième lien, M. Grandmont parle d’un «aveu d’échec». «On va mettre en place les conditions pour favoriser l’étalement urbain, a-t-il noté. C’est une incitation directe à aller s’étendre plus loin.»

Ce dernier a dit référer non seulement à l’idée d’un troisième lien, mais aussi aux autres projets d’élargissement d’autoroutes à Québec.

Le président du RTC, Rémy Normand, affirme que la situation de congestion que vit actuellement Québec est justement une «démonstration éloquente de ce que donne l’étalement urbain».

Périphérie

Quand on demande à Régis Labeaume s’il a jeté l’éponge dans la lutte contre l’étalement, le maire répond que non, mais qu’il ne peut empêcher les gens d’aller s’installer en périphérie.

«Je ne dirige pas le ministère du Plan soviétique. Tu ne peux pas décider pour les gens.» Il prône toujours le libre choix entre l’auto et le transport en commun, et estime que ceux qui choisissent le transport en commun le font surtout pour «des raisons économiques».

— Avec la collaboration de Taïeb Moalla