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Le PQ et la minoune de M. Bikos

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J’ai émigré à Montréal il y a 45 ans, dans un six et demi, rue Hutchison, près de Lajoie, à 98 $ par mois, chauffé. C’était encore le quartier grec, à l’époque, et c’est là que j’ai connu M. Bikos, un immigrant récent qui ne savait pas conduire en hiver. J’ai fait sa connaissance en l’aidant à dégager son immense Buick, une minoune aux pneus usés, qui boucanait, enlisée dans le banc de neige.

J’ai repensé à M. Bikos l’autre jour quand le nouveau chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a confié à son ancien rival, Paul St-Pierre Plamondon, le mandat de trouver des façons de moderniser et de rajeunir le parti.

Portrait cruel

C’est cruel, mais l’image d’une minoune au design désuet, enlisée dans une ornière et regardée avec un mélange de nostalgie et d’ironie par un nombre croissant de ses clients potentiels est un portrait assez juste du Parti québécois aujourd’hui: un véhicule politique qui n’a pas beaucoup changé depuis sa sortie de l’usine, en octobre 1968.

S’il veut reconquérir le marché, le PQ aura besoin de plus qu’une retouche de chrome et d’un nouveau slogan. Cela, M. Lisée, un vieux routier et un stratège roué, le sait mieux que quiconque. Pour se remettre en piste, le PQ devra penser combustion hybri­de, ABS, GPS, traction intégrale – malgré la résistance des intégristes, pour qui la formule gros V8, 3 vites­ses, propulsion fut gravée sur des tablettes en marbre par Saint René lui-même.

Remise en question

Le Canada est-il toujours l’environnement hostile qu’il était voici 50 ans? La Constitution est-elle vraiment la plus grave menace à notre survie? Pourquoi un autre référendum fait-il fuir les électeurs? L’indépendance est-elle la seule option? Ce jeu en vaut-il encore la chandelle? Quelle autre stratégie pourrait-on élaborer?

Le PQ a toujours refusé de remettre ses dogmes en question.

Alors, une part croissante des électeurs le fait à sa place...