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L’Halloween : les coulisses de la fête

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Illustration Fotolia

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12:34. La cloche du midi n’est pas sonnée. Des fous rires tonitruants retentissent du salon des enseignants.

Toujours assez drôle entre collègues de se voir déguisés. Les plus talentueux se sont fabriqué un costume «maison» absolument génial.

D’autres l’ont acheté tout fait.

Et sonnent très faux à côté des profs-artistes- designers-bricoleurs.

Le costume de Mario Bros du magasin grande surface est peu convaincant sur une prof de 52 ans.

Nous rions aux larmes.

Une fête en cadeau

La bonne humeur est partout. Malgré une très longue matinée avec des élèves survoltés et obsédés par l’heure du midi pour pouvoir enfin enfiler leur costume!

Souligner l’Halloween n’est ni au programme du Ministère, ni une responsabilité des écoles. Nous le faisons pour faire plaisir aux enfants.

Et ça fonctionne.

En tout cas pour la première heure.

Après, les perruques surchauffent, les maquillages coulent, les bustiers de robes de princesse piquent et les «une pièce» en peluche sentent drôle.

12:45. Par la fenêtre, je regarde les enfants dans la cour. Minions, sorcières et lapins se dandinent.

On reconnaît les élèves aux parents débordés: ils portent leur ensemble de karaté ou leur équipement de hockey.

Cela importe peu, car tous les cœurs sont à la fête.

Les plus petits en coccinelles, en elfes ou en bébés lions. Irrésistibles.

Mes grands de 6e année sont agglutinés au fond de la cour. Assumant plus ou moins leur allure.

Présenter les costumes

12:57. Mes bibittes entrent. Nous passons une vingtaine de minutes à nous regarder, en rigolant.

Se voir autrement. Un moment précieux.

13:20. À tour de rôle, chacun présente son costume, mais, surtout, le parcours de celui-ci.

Belle occasion d’en savoir encore plus sur l’histoire de vie de mes élèves.

Mireille porte le costume de fée de sa grande sœur. Isabelle, la robe de mariage de sa marraine. Michel, en épouvantail, porte la création d’Aline, son arrière-grand-mère. Une véritable artiste, de toute évidence.

Louis sort son masque de zombie, interdit à l’école, caché dans son sac.

Un rebelle celui-là.

Sébastien et Vincent se tirent un rang. Ils boycottent la fête. Parce qu’en 6e année, l’Halloween, c’est bébé.

13:59. La moitié des élèves ont la moitié de leur costume sur le dos.

14:15. Une parade plutôt chaotique tente de prendre forme au gymnase. Les princesses et Darth Vader du préscolaire s’enfargent dans leur habit et ralentissent la marche.

15:05. La journée se termine avec des histoires de peur improvisées par les élèves. Pas toutes effrayantes, souvent beaucoup trop longues, mais assurément déjantées.

15:25. Retour à la maison avec les costumes en boule dans le sac d’école, les sourires du midi un peu usés, mais les têtes pleines de souvenirs en devenir.

Ni la soirée, et encore moins la semaine, ne sont terminées.

Les suçons, dissimulés dans les poches de manteau à l’insu des parents, puis croqués en vitesse dans la cour d’école dans les dos des profs (crime par excellence de la semaine de l’Halloween!) sauront fournir l’énergie qui manque...