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Masquer l’Halloween

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Je les trouve donc bien chanceux, les jeunes qui vont se promener aujourd’hui de maison en maison. Avec leurs masques, leurs costumes, leurs citrouilles en plastique. Ils sont de vrais guerriers, parce qu’on travaille tellement fort pour gâcher la fête.

Je n’ai jamais compris la mentalité derrière les nombreuses interdictions qui viennent maintenant avec une des plus belles journées de l’année pour les gamins. Interdits les costumes et les friandises à l’école. Interdits les masques. Interdit ce qu’on juge un déguisement «violent». Ah, et le nouvel interdit à la mode: «Que je n’en voie pas un se maquiller en clown!»

LES VOLEURS D’ENFANCE

Est-ce qu’il ne serait pas possible, une ou deux journées par année, de «slaquer» notre ceinture de rectitude d’une couple de trous? De laisser les enfants être des enfants sans les gaver de force avec nos perspectives d’adultes?

Heureusement, il y a encore quelques écoles et quelques profs qui résistent à la platitude de la vie et qui tentent de faire de l’Halloween une fête. Mais de façon générale, on a décidé de mettre les célébrations aux poubelles parce que c’est trop d’ouvrage et de gestion. Déplorable.

Si je me souviens bien, tout le monde passait à travers quand on était petits. Les jeunes avaient du plaisir à ramasser les bonbons, à les trier, à les déguster. On les échangeait en classe. On portait fièrement nos costumes. Oui, il y avait des vampires, des zombies, des Rambo, des Jason, des Freddy. Des clowns épeurants aussi. On ne devenait pas des fous dangereux pour autant. Au pire, on était un petit peu «speedés» pendant 24 heures. Les parents survivaient, les professeurs aussi. Où était le mal? Qui a réussi à trouver des problèmes dans une journée de fête aussi inoffensive et à embarquer presque tout le monde dans la vague?

Quand on est adulte, on porte son masque à l’année. On se gave de boisson, de tabac et de pilules, pas seulement aux fêtes. On stresse à fond et on se calme les nerfs à grands coups de yoga, de crossfit et de psys à 100 dollars l’heure. On est épeurant pour vrai.

Avons-nous oublié le simple plaisir d’une fête d’enfants où l’on se déguise par plaisir? De la quête de bonbons qui devient une chasse au trésor? De porter un costume de superhéros sans arriè­re-pensées misogynes ou violentes? Au lieu de vouloir «adultiser» nos jeunes le plus vite possible, ne serait-il pas mieux de se laisser redevenir des kids une fois de temps en temps?

MAKE HALLOWEEN GREAT AGAIN

Déjà que les décorations de Noël s’installent dans les magasins avant le 31 octobre et qu’il est tombé assez de neige pour le reste de l’hiver, ne pourrions-nous pas laisser l’Halloween à nos enfants?

Bravo à ceux qui le font. Dans un monde où on se gargarise aux bons sentiments et au bien paraître, il est rassurant de voir quelques adultes qui n’ont pas la tête complètement enfoncée dans leur nombril et qui sont capables d’enlever leur masque moche une journée par année, question que nos enfants puissent mettre le leur.

 

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