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Une chercheuse refuse de dévoiler ses sources

Le projet d’éoliennes dans la MRC de l’Érable est contesté depuis 2007.
Photo courtoisie Le projet d’éoliennes dans la MRC de l’Érable est contesté depuis 2007.

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Une chercheuse de l’UQAM refuse de dévoiler le nom des participants à une étude qu’elle a réalisée. Elle pourrait être accusée au criminel d’outrage au tribunal.

La chasse aux sorcières pour le dévoilement des sources ne touche pas que les médias, mais aussi le domaine de la recherche alors que le juge Marc St-Pierre oblige la chercheuse Marie-Ève Maillé à dévoiler le nom des gens qui ont participé à une de ses études.

Pendant son doctorat, elle a effectué une recherche pour connaître le climat social dans la MRC de l’Érable en prévision de l’implantation d’un parc éolien. Pour effectuer son étude, elle a interrogé 79 personnes.

Recours collectif

Pendant les procédures entourant un recours collectif intenté par des citoyens, l’entreprise Éoliennes de l’érable a déposé une requête pour obliger la chercheuse à dévoiler le nom des gens qui ont collaboré à son enquête, ce qui a été accordé par le juge Marc St-Pierre en janvier dernier.

Des chercheurs estiment que la décision du juge est fort dangereuse pour l’indépendance de la recherche.

«Les chercheurs et les établissements universitaires ont des devoirs moraux. Ils doivent s’engager avec les établissements subventionnaires sur un code de conduite éthique de la recherche avec les êtres humains. Si ce n’est pas respecté, il peut y avoir des conséquences graves, y compris pour l’université», rappelle Susan Zimmerman, la directrice exécutive du Secrétariat sur la conduite responsable de la recherche.

Abusif

Selon l’avocat des citoyens impliqués dans le recours collectif, Me David Bourgouin, la demande de l’entreprise Éoliennes de l’érable est d’autant plus abusive que la chercheuse n’est même plus considérée comme un témoin dans le dossier judiciaire. «Vouloir lire ses notes personnelles, ça tombe dans la chasse aux sorcières», dit Me Bourgouin

Des citoyens de la MRC de l’Érable et d’Arthabaska se battent contre les éoliennes depuis 2007. Ils estiment que le dossier a largement divisé les communautés concernées.

«La compagnie continue à chercher une faille pour ne pas indemniser les citoyens», soupçonne Lise Payeur, qui compte 17 éoliennes dans son environnement immédiat.

Demande de révision

L’avocat de Marie-Ève Maillé, Me Bodgan Catanu, de même que les Fonds de recherche du Québec, ont entamé des interventions pour faire casser le jugement St-Pierre.