/entertainment/movies
Navigation

Le pacte des anges: Marc Messier en cavale

Marc Messier brille dans Le pacte des anges.
Photo courtoisie Marc Messier brille dans Le pacte des anges.

Coup d'oeil sur cet article

Les incursions en région du cinéma québécois se multiplient depuis quelques années et elles inspirent favorablement nos cinéastes. Le pacte des anges, un road-movie à la sauce western relevé d’une brillante performance de Marc Messier, en est le plus récent exemple.

À l’instar de Louis Bélanger dans Route 132, Richard Angers (La chambre no 13) fait de l’est du Québec son terrain de jeu dans Le pacte des anges.

Le vétéran cinéaste de Québec, qui signe ici son premier long métrage de fiction, s’aventurait en terrain glissant en mettant en scène le rapt d’un sexagénaire par deux frères adolescents venant de commettre un crime. Les risques de dérapage étaient évidents.

Or, d’une situation tout à fait improbable dans la vie réelle, Angers accouche d’un récit qui tient la route grâce à un scénario qui évite de sombrer dans l’invraisemblance, si on fait exception d’une scène sur le bord du fleuve où on étire l’élastique temporel au maximum.

Œuvre sur la rédemption d’un père, Le pacte des anges tire sa force autant de sa mise en scène dépouillée que du langage non verbal de Marc Messier, formidable de retenue et de justesse.

Le vétéran comédien démontre une fois de plus qu’il est aussi à l’aise dans un registre dramatique que lorsqu’il joue la comédie.

En fuite

Ce dernier incarne Adrien, chasseur invétéré et père en deuil de son fils dont le quotidien routinier est brutalement chamboulé quand sa route croise celle de Cédric (intense Émile Schneider) et William (Lenni-Kim Lalande, qui fait des débuts probants sur grand écran).

Sous l’impulsion violente de Cédric et la menace de l’arme de chasse que transporte Adrien dans sa Pontiac 1977, le trio improbable s’enfuit. Direction le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et leurs décors majestueux, sublimés par la direction photo inspirée de Jean-François Lord.

Le tout bercé par une jolie sélection de musique québécoise, qui pige dans les répertoires de Desjardins, Lamothe, Voïvod et Dead Obies.

D’abord mue par une légitime méfiance due aux circonstances, la relation entre Adrien et les frères se réchauffe au gré des confidences et des incidents qui surviennent au cours de leur fuite, jusqu’à une alliance finale qui scellera à jamais le destin de ces trois âmes en cavale.