/entertainment
Navigation

«Le plus fou de mes romans d’amour»

ART-ALEXANDRE-JARDIN

Coup d'oeil sur cet article

L’écrivain français Alexandre Jardin propose avec Les nouveaux amants un vrai roman d’amour, où un dramaturge décide, un jour, de vivre selon son imagination. Un roman fou-fou publié au moment où des centaines de milliers de personnes le suivent dans son mouvement civique qui le conduira peut-être en politique.

Oskar, 42 ans, est marié avec une actrice, Anne. Dramaturge à succès, il ignore qu’il va vivre, en plus d’écrire, la pièce la plus turbulente de toute sa vie. Une femme de 25 ans, Roses de Tonnerre, une vraie bombe, va lui en faire voir de toutes les couleurs.

«Ce qui est incroyable, c’est que j’ai pu écrire un livre pareil au milieu d’une révolution civique, parce que je suis engagé dans mes mouvements sociétaux qui prennent une ampleur colossale en France», commente Alexandre Jardin en entrevue.

«J’ai passé les deux dernières années à rassembler des faiseurs, des gens qui réparent le pays. Des centaines de milliers de gens sont impliqués dans ma démarche et les vidéos sur la page Facebook de la Maison des citoyens avoisinent un million de vues.»

Saut en politique?

Il est fort possible que l’écrivain fasse le saut en politique, au cours des prochains mois. «On prendra une décision à la fin de l’année, qui dépendra aussi du nombre que nous serons en France. Est-ce qu’on deviendra un parti en 2017? Si on prend cette décision et qu’on est très très gros, on aura une puissance telle qu’on pourrait franchement changer le scénario prévu. (...) Je construis, jour après jour, l’armature technique pour que les gens aient ce choix. S’ils sont révoltés, en 2017, par l’offre des partis, je veux qu’ils aient une issue technique qui fonctionne.»

En parallèle avec ses actions citoyennes, Alexandre Jardin a écrit ce roman dans les trains, dans les hôtels, dans les salles à manger des gens parce que, très souvent, il dormait chez eux. «Plus j’avais à traiter de sujets compliqués, difficiles, plus j’avais besoin de rêver. Et quand j’ai besoin de rêver, j’écris un roman d’amour.»

Et comme tout était fou autour de lui, il déclare avoir écrit «le plus fou de mes romans d’amour». Pour lui, l’amour sage, c’est «indécent». «C’est pas fait pour ça. À un moment, il faut que la folie qu’on a chacun en nous s’exprime. Il faut qu’elle jaillisse. Tout le monde en rêve... et tout le monde en a peur.»

Suspense

L’héroïne, Roses, a accès à la totalité de sa personnalité. «C’est pour ça que son prénom porte un «s», que j’ai écrit Roses au pluriel. On a tous du mal à accepter tout ce que l’on est. Elle, oui. Elle est complètement contradictoire. Et c’est ce qui crée le suspense à l’intérieur du roman: on ne sait jamais jusqu’où elle va aller, ce qu’elle va faire.»

Oskar, le dramaturge, en devient tout affolé. «Mais grâce à Dieu, il y va. Il n’a pas peur.» Est-ce que c’est commun d’avoir peur? «Je pense que ce qui est écrit dans le livre, à peu près tout le monde aimerait le vivre, et à peu près tout le monde est terrorisé à l’idée de le vivre!»

Alexandre Jardin n’a pas hésité à sortir ce livre au milieu de tous les combats qu’il mène. «Il y a un vent de liberté dans notre mouvement et dans ce roman. Un vent de joie de vivre. En le rendant fou, elle lui rend sa joie d’aimer. Évidemment, il va souffrir énormément! Mais qu’est-ce qu’on attend pour vivre comme ça?»

  • Alexandre Jardin est auteur, mari, père, cinéaste.
  • Il sera au Salon du livre de Montréal pour rencontrer ses lecteurs.

EXTRAIT

«La solitude à deux qui faisait depuis longtemps l’ordinaire d’Oskar – jamais sa femme n’avait eu accès à lui, à ses vertiges dissimulés ni aux tiroirs qu’il ignorait de lui-même – s’accroissait de la solitude des toits parisiens que la vue va chercher par-dessus la capitale en automne. Tendu, l’écrivain ne peut s’empêcher de consulter son téléphone. Roses avait-elle relancé la partie? Non. Ils n’en étaient pas encore à ressentir la nécessité supérieure de leur histoire mais quelque chose de cela flottait déjà dans l’air. Leur pressentiment – fondé – était qu’ils étaient bien de même dangerosité l’un pour l’autre.»

— Alexandre Jardin, Les nouveaux amants, Éditions Grasset