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Patrick Lagacé espionné par le SVPM après avoir enquêté sur Denis Coderre

Patrick Lagacé espionné par le SVPM après avoir enquêté sur Denis Coderre
TOMA ICZKOVITS / AGENCE QMI

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Le chroniqueur de La Presse Patrick Lagacé a affirmé, lundi, que le maire de Montréal, Denis Coderre, aurait possiblement demandé au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) de l’espionner à la suite d’une histoire de constat d’infraction.

MONTRÉAL | Le maire Denis Coderre nie être intervenu auprès du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour qu’une enquête soit mise en branle pour savoir qui a fourni des informations au chroniqueur de La Presse Patrick Lagacé dans une autre affaire datant de 2014.

M. Lagacé a affirmé, lundi, que le maire de Montréal, Denis Coderre, aurait possiblement demandé au SPVM de l’espionner parce qu’il avait tenté de savoir si M. Coderre avait bel et bien payé un constat d’infraction donné parce que son immatriculation n’était pas en règle lorsqu’il était député fédéral.

Toutefois, le bureau du maire a affirmé qu’il n’était pas au courant que le SVPM avait mené une enquête concernant cette fuite qui impliquerait des fonctionnaires.

Même s’il estime que cette fuite est «une infraction grave, celle d'abus de confiance», le maire soutient qu’il est «inacceptable que des méthodes aussi invasives fussent utilisées auprès de journalistes. Ces méthodes semblent disproportionnées par rapport à la gravité objective de l'infraction alléguée».

En 2014

Dans un article publié lundi, M. Lagacé écrit avoir enquêté, à l’automne 2014, sur un constat d’infraction que M. Coderre avait reçu lorsqu’il était député à Ottawa. Selon certaines sources qui ont communiqué avec le journaliste, il n’aurait jamais payé cette amende pour une immatriculation impayée.

En décembre, M. Lagacé a envoyé un courriel à l’attaché de presse de M. Coderre pour avoir le fin mot sur cette histoire, puis l’abandonne après avoir obtenu l’assurance d’un haut gradé du SPVM que le constat a bel et bien été payé.

«Plusieurs mois plus tard, j’apprends qu’après mon courriel du 17 décembre à l’hôtel de ville, une enquête criminelle a été déclenchée par le SPVM pour savoir qui m’a parlé», a raconté le chroniqueur, qui estime que le bureau de M. Coderre a dû communiquer avec celui du directeur du SPVM. L’enquêteur responsable du dossier a alors ordonné à Telus de fournir les relevés téléphoniques de M. Lagacé pour savoir qui avait pu l’appeler et l’informer.

Depuis une semaine, le SPVM et la Sûreté du Québec ont admis avoir obtenu le droit de suivre à la trace des journalistes, d’accéder à leurs relevés téléphoniques, voire de les mettre sous écoute.

En tout, une dizaine de journalistes auraient fait l’objet d’une surveillance par l’un ou l’autre de ces corps policiers.