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La girafe, le zoo, la jungle

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Alors, elle vous dérange, cette girafe au zoo de Falardeau? Plus que Safia Nolin en jeans à l’ADISQ? Connaissez-vous l’histoire de fond ou vous vous êtes garrochés sur Facebook pour juger plus vite que votre ombre?

Parce que c’est rendu la mode, pas vrai? Il faut avoir une opinion, idéalement le plus rapidement possible, avant qu’on passe à un autre sujet.

Donnons-nous un luxe très rare: prenons le temps de nous raconter l’histoire de Scott la girafe et du zoo de Falardeau.

LA VILAINE PETITE GIRAFE

Il était une fois une vilaine petite girafe. Elle était née au mauvais endroit, dans un zoo qui ferme parce qu’on s’y occupait mal des animaux. Comble de malchance, «elle» était aussi un mâle, ce qui la rend moins attrayante pour une acquisition. Et elle ne peut pas passer les douanes. Pauvre girafe.

Il était une fois un zoo plutôt chouette. Bâti par du bon monde, amoureux des animaux et remplis de bonnes intentions. Au lieu de laisser la vilaine petite girafe se faire abattre, ils ont décidé de l’acquérir.

Il était une fois la jungle des gens qui jugent. Qui ont pris en grippe l’autre zoo de la région pour des raisons qui m’échappent. Peut-être parce qu’on jalouse les gens autonomes qui ont du succès. Ou peut-être simplement pour suivre la vague. «Oh, cette pauvre girafe! Elle va mourir gelée! Par le capitalisme sauvage d’un zoo rétrograde!»

LE ZOO OU LA MORT

Le printemps dernier, je suis allé au zoo de Falardeau avec mon grand garçon. On a rencontré le personnel, des jeunes passionnés des animaux qui racontent avec intensité les histoires de tous leurs pensionnaires. On a vu les tigres, les ours et toutes les autres bêtes bouger, s’amuser et généralement respirer le bonheur. Rien à voir avec mes souvenirs d’enfance de zoos exotiques, où les bêtes déprimaient dans un coin en attendant la collation. J’ai été enchanté, mais pas autant que mon fils, qui m’en parle encore.

Je cherche où est le mal. À venir en aide à des animaux déportés, blessés ou malades. À montrer ces bêtes dans de vastes habitats pour émerveiller les enfants. Je suis sans doute naïf, mais je n’y vois que du bonheur. Et une alternative plus qu’intéressante au zoo de Saint-Félicien, autant pour les touristes que pour les résidents de la région. Non, ce n’est pas pareil. Et c’est tant mieux.

ÉVOLUÉ

Les zoos ont évolué, même ceux qui nous montrent des animaux sortis de leurs habitats habituels. Ils servent souvent d’orphelinat et de clinique, et sont opérés par de vrais missionnaires.

Le cirque, ce n’est plus un type qui met sa tête dans la gueule d’un lion. Le zoo de Falardeau n’est pas un centre de torture animale pour des collectionneurs sans vergogne.

La morale de l’histoire de la girafe, du zoo et de la jungle? Eh bien ceux qui sont contre l’idée de Scott la girafe dans une région nordique comme la nôtre, je vous donne le fusil et la balle. Essayez de faire ça sans douleur pour la pauvre bête...

Personnellement, j’aime mieux voir Scott vivant dans un zoo que six pieds sous terre.

 
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