/news/politics
Navigation

Plusieurs soirées pro-Clinton à Québec

Coup d'oeil sur cet article

Fébrile, le gratin politique de Québec a envahi le Bar l’INOX sur Grande-Allée afin d’assister à une soirée électorale américaine survoltée, tout en gardant l’espoir de voir Hilary Clinton l’emporter.

Libéraux, péquistes et caquistes se sont réunis à la soirée organisée par La Dose, une boîte de communication politique. Plus de 325 personnes, majoritairement en faveur de Mme Clinton, étaient rivées sur les écrans de l’établissement. «C’est exceptionnel», a mentionné l’un des organisateurs, Pierre Bouchard.

Un tapis rouge attendait les convives à leur arrivée où les deux candidats à la présidence des États-Unis les attendaient pour une prise de photo officielle.

Ils ont tous choisi Hilary et boudé Donald Trump. Le député François Bonardel, le Whip du gouvernement Stéphane Billette et le péquiste Alexandre Cloutier ont osé se réunir autour de l’effigie de Mme Clinton pour la cause.

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée a également regardé les résultats du scrutin américain à ce rassemblement. Toutefois, pour les personnes rassemblées dans le petit bar, les résultats ont rarement été en faveur de leur favorite.

«Les Américains réussissent toujours à nous surprendre. Les Américains, ce sont les maitres du suspense», a illustré le chef du PQ.

Certains Américains étaient aussi présents, affichant leur couleur pour Hilary Clinton et leur dégoût pour Donald Trump. Véronique Hunter était présente avec ses enfants, arborant une feuille sur laquelle nous pouvions lire «Fuck Danald Trump». Elle et son mari décideront s’ils retournent vivre en Californie ou s’ils resteront «québécois» pour les quatre prochaines années.

Université

Ailleurs, un rassemblement populaire a également attiré beaucoup de passionnés de politique au Pub universitaire de l'Université Laval.

L'ambiance était toutefois relativement tiède malgré un bar rempli à pleine capacité. Les étudiants et les professeurs réunis écoutaient attentivement les résultats mais sans afficher aucune partisanerie. L'impact du prochain président sur le Canada rendait nerveux la foule installée devant les écrans.

Un seul étudiant en administration a osé porter la casquette rouge «Make America Great Again» du candidat républicain Donald Trump. Sans surprise, la majorité des clients appuyait Hillary Clinton.

«Il n'y en a pas un qui est mieux que l'autre. Trump est gars de business. Ses commentaires sur l'immigration, c'est une game politique pour aller chercher une masse qui va réagir à ça», explique Christopher Tremblay.

Selon Jean-Frédéric Morin, professeur au département de science politique, l'élection de Donald Trump augure mal pour le Canada.

«Il pourrait y avoir des impacts négatifs à plusieurs niveaux. Aucun candidat ne tient le même discours en campagne et une fois élu. C'est clair pour les deux, notamment sur la question du protectionnisme commercial. Les États-Unis n'en sortent pas grandi. Il faut s'attendre à des changements majeurs dans le paysage politique américain peu importe le résultat, en particulier au parti républicain.»

Tôt en soirée, Louis Bélanger, directeur de l'Institut québécois des hautes études internationales (HEI), anticipait une victoire démocrate.

«C'est une campagne historique. Les deux partis en sortent profondément changés. On peut être rassuré avec le fait que M. Trump devra composer avec un certains nombre de contraintes une fois élu mais il a quand même montré que les contraintes traditionnelles, il est capable de les faire bouger.»

Consulat américain

Au consulat général des États-Unis à Québec comme dans toutes les ambassades américaines du monde, des citoyens américains et différents membres de la société civile étaient reçus. Parmi les invités de la consule générale Alison Areias-Vogel, deux Américaines regardaient la tendance du vote et se trouvaient chanceuses d’être au Canada.

«On est vraiment bien ici», a lancé Ellie qui a épousé un militaire canadien. Jeanne affirmait que cette élection qui divise les Américains faisait en sorte de mettre «beaucoup de pression» sur les relations interfamiliales.

Pour sa part, la Consule générale rappelait cependant qu’elle restait la représentante de Barack Obama jusqu’au 20 janvier. Impossible donc de connaître son choix. «On soutient le président, peu importe qui est élu par les Américains», a-t-elle dit en vraie diplomate.

D’autres invités affichaient toutefois leur couleur, eux qui ont voté par anticipation. Un pro-Trump ne croyait pas que son candidat allait gagné convaincu que les Démocrates avaient volé les élections. «C’est tout vendu», a dit André avant que le vote penche vers son candidat.

— Avec la collaboration de Jean-François Racine et Nicolas Saillant

Visitez qub.radio pour ne rien manquer de notre programmation quotidienne et de nos baladodiffusions