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Labeaume, déboussolé, analyse la victoire de Trump

Labeaume, déboussolé, analyse la victoire de Trump
PHOTO PASCAL HUOT

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Le maire de Québec qui dit «ne plus avoir de repère pour être optimiste» a eu l’occasion d’analyser la «victoire spectaculaire» de Donald Trump au micro de Paul Arcand au 98,5 FM, mercredi.

Celui qui s’était prononcé en faveur de la candidate démocrate Hillary Clinton avec ses homologues de Montréal et Lévis, attribue notamment cette victoire à une «révolte de la classe moyenne».

Voici sa pensée en 18 citations

No 1 «Depuis ce matin, il y a une chanson qui me trotte dans la tête pis elle vient de John Lennon ironiquement qui n’aurait pas voté pour Trump c’est Power to the people. C’est la révolte des sans-culottes, la classe moyenne qui est en train de perdre ses culottes, une classe moyenne qui s'appauvrit depuis 20 à 30 ans qui s’est exprimée hier. C’est l’anti establishment.»

No 2 «Moi je suis complètement... Je ne connais pas les États-Unis! C’est ce que je comprends ce matin. Je dis souvent à mes amis: “Vous savez, les États-Unis pour nous, l’est des États-Unis, le Nord-Est, la Californie, New York, Boston, la Floride... mais comme je ne suis jamais allé dans le Wyoming ou dans l’Idaho, visiblement, je manque de connaissance.»

No 3 «Les résultats de la Virginie hier m’ont étonné. Et ça, ça va créer un gros doute parce que moi, au début, je pensais que Mme Clinton était correcte. Je me fiais sur la Floride, mais la Virginie hier ça n’entrait pas. L’état de M. Kaine, le sénateur Kaine qui est sur le ticket présidentiel avec Mme Clinton, ça, hier, ç’a créé un gros doute. Disons-le, il a réussi à convaincre ceux et celles autour des Grands Lacs qui ont vécu très très difficilement ce qu’on appelle la mondialisation.»

No 4 «Malheureusement, la mondialisation c’est une réalité et le protectionnisme qui s’en vient, parce que M. Trump aura à livrer, aujourd’hui ce qu’il faut se souvenir c’est tout ce qu’il a dit pendant la campagne et comme il a une très grosse victoire, même si au total, Mme Clinton a plus de votes, la pluralité des votes de M. Trump lui donne une victoire spectaculaire.»

No 5 «Il [Trump] aura beaucoup de pression pour exécuter son programme et le problème est là.»

No 6 «Il [Trump] n’a plus de barrière. Le congrès est totalement républicain. Paradoxalement, il se pourrait même que s’il s’emporte, parce que c’est un gars qui est capable de s’emporter, ce soit même ses propres collègues républicains qui doivent le ralentir. C’est assez paradoxal!»

No 7 «Il n’a pas le choix de construire le mur. Ça fait un an, c’est sa promesse centrale, il a commencé sa campagne chez les républicains en parlant du mur. Il l’a dit jusqu’à la dernière minute. Il devra construire le mur. Alors, imaginez ce que ça donnera comme impression dans le monde!»

No 8 «Maintenant, cet espèce de... choisissons les bons mots, c’est du racisme par rapport aux musulmans, par rapport aux latinos-Américains, mais paradoxalement aussi, les latinos-américains ont voté à 30% pour M. Trump, alors il aura beaucoup de pression pour accomplir, exécuter son programme, un programme qui, à mon sens, est impossible à exécuter totalement.»

No 9 «Ça sera impressionnant de voir, dans les prochaines semaines, comment il va se débrouiller avec tout ça.»

No 10 «Le problème des politiciens c’est qu’ils ne respectent pas les électeurs. Les politiciens en général pensent qu’ils peuvent toujours en passer des petites vites aux électeurs et qu’ils ne comprendront pas. Le problème fondamental est là.»

No 11 «C’est un phénomène qui est assez occidental. Regardez en Europe de l’Ouest, les mouvements nationalistes populistes, ce sont des gens qui veulent s’exprimer et qui ne savent pas comment le dire. Ils sont inquiets et tout ce qui leur reste, c’est la beauté de la démocratie, il leur reste à voter.»

No 12 «Cet espèce de populisme là, ce n’est pas unique aux États-Unis. C’est très exacerbé ce matin, mais si vous regardez en Occident, ça existe, ça prend de la place. Le Brexit c’est essentiellement ça!»

No 13 «Le Brexit en Angleterre, ce sont des gens qui sont inquiets de la migration des immigrants qui s’en viennent chez eux, malheureusement, mais c’est la réalité. Ce sont des gens qui sont inquiets quant à leurs finances personnelles, mais fondamentalement, je pense vraiment que c’est la classe moyenne en Occident, qui s’appauvrit depuis 20 à 30 ans, et la classe moyenne s’étiole aussi.»

No 14 «Aux États-Unis, il y a de plus en plus de riches et de plus en plus de pauvres aussi et entre les deux, historiquement, quand la classe moyenne s'effrite, les bouleversements viennent de là.»

No 15 «Ça me fait peur. Ce matin, je cherche des repères pour être optimiste et je ne les trouve pas. Malheureusement, souvent, les individus se révèlent quand ils sont dans une position de pouvoir et souvent ils s’effondrent. Ce matin je cherche comment un individu comme Donald Trump, dont l’égo est exacerbé et ça ne diminuera pas au moment où il va entrer à la Maison-Blanche, alors quel sera son comportement personnel?»

No 16 «Si de dire qu’on va changer les accords internationaux du commerce, quand bien même que tu veux le faire toi-même, tu ne peux pas le faire tout seul. Ça prend l’accord des partis. Alors, à un moment donné, ce qui se passe, dans le fond, si tu veux mettre le pied à terre, il faut que tu fermes franchement les frontières aux produits et services de l’étranger et là le protectionnisme, historiquement dans le monde, ç’a toujours donné des conséquences désastreuses.»

No 17 «Est-ce que cet homme-là va se changer comme Hulk une fois rendu à la Maison-Blanche? Honnêtement ce matin, je ne le crois pas. Je voudrais vraiment vraiment croire ce matin qu’il va se révéler, qu’il va être capable d’unifier la nation. Mais si vous relisez l’histoire de Trump, il n’y a rien qui peut vous inciter à cet espoir-là ce matin.»

No 18 «C’est ça qui est le pire! On n’a pas de repère pour être optimistes.»

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