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Deux fois moins d’attente sur une civière au Bas-Saint-Laurent

Les urgences désengorgées grâce à un investissement massif dans les soins à domicile

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Photo Héloïse Archambault Le Bas-Saint-Laurent a réussi ce que tous les ministres de la Santé ont promis depuis 20 ans sans atteindre les résultats espérés, soit améliorer l’attente à l’urgence par des soins à domicile efficaces.

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RIVIÈRE-DU-LOUP | Le Bas-Saint-Laurent a trouvé la recette pour désengorger ses urgences en faisant ce que les gouvernements répètent depuis des années: mettre le paquet sur les soins à domicile.

Les patients du Bas-Saint-Laurent passent sept heures en moyenne sur une civière à l’urgence, plutôt que 15 heures au Québec.

Il y a environ cinq ans, le Bas-Saint-Laurent a décidé d’investir massivement dans les soins à domicile, ce qui retarde l’arrivée des personnes âgées dans les CHSLD. Comme il y a des places libres dans les soins de longue durée, on réussit à libérer rapidement les lits à l’hôpital, ce qui permet de désen­gorger l’urgence.

Cette stratégie consistant à garder les personnes âgées le plus longtemps possible à domi­cile est celle que privilégient depuis une vingtaine d’années tous les ministres de la Santé, mais le Bas-Saint-Laurent en a fait une haute priorité.

«Ces dernières années, on a mis énormément d’énergie sur le soutien à domicile. Il y a quelques années, il y avait des enveloppes discrétionnaires qui ont été utilisées spécifiquement pour le soutien à domicile. La haute direction porte le dossier, mais la mobilisation est l’affaire de tous», a dit le PDG adjoint du CISSS du Bas-Saint-Laurent, Daniel Côté.

Programme de prévention

Le Centre de santé a mis en place un programme de prévention auprès des personnes de 75 ans et plus pour planifier leur sortie dès les premiers jours de leur hospitalisation.

«On évite d’hospitaliser lorsque c’est possible et on s’assure que le patient qui est dans un lit de l’hôpital a une bonne raison de s’y trouver», a dit M. Côté.

Pression

Au Bas-Saint-Laurent, une personne sur trois qui occupe une civière a plus de 75 ans. C’est donc sur cette clientèle que les efforts sont faits.

Selon le syndicat des techniciens et professionnels, qui jouent un rôle important dans le soutien à domicile, la stratégie consistant à prioriser les soins à domicile fonctionne, mais crée également d’autres problèmes qu’il ne faut pas négliger.

«La pression se fait dans les ressources intermédiaires qui accueillent une clientèle plus lourde, elle se fait dans les entreprises d’économie sociale, qui en font de plus en plus, et auprès des aidants naturels également, qui ont besoin de plus de moyens», résu­me Sylvain Lirette, du syndicat APTS du Bas-Saint-Laurent.

Temps d’attente sur civière

Moyenne du Bas-Saint-Laurent 7,3 h
  • Amqui: - 5
  • Trois-Pistoles: - 5,1
  • Matane: - 6,4
  • Rimouski: - 7,1
  • Pohénégamook: - 7,5
  • La Pocatière: - 8,5
  • Témiscouata-sur-le-Lac: - 8,9
  • Rivière-du-Loup: - 9,9
Source : CISSS Bas-Saint-Laurent
 
Ailleurs au Québec 15 h
  • Montérégie: - 19,2
  • Laval: - 17,1 
  • Québec: - 14,3
  • Côte-Nord: - 12,3

Un cercle positif

  • Plus de soutien à domicile 
  • Plus de places en CHSLD
  • Moins d’engorgements sur les étages des hôpitaux
  • Baisse du temps passé sur les civières de l’urgence