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L’art du possible

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La présidence de Donald J. Trump risque d’être difficile, inquiétante, peut-être dangereuse. Mais elle ne sera pas la catastrophe appréhendée par ses détracteurs. Parce que le pouvoir de l’homme le plus puissant du monde est beaucoup plus limité qu’on le croit.

Bismarck a conclu que la politique est l’art du possible: les décisions imposées par le chef de l’État sont, forcément, le fruit de compromis plus ou moins élégants.

Un pays n’est pas une ruche ou une fourmilière, mais plutôt un troupeau indiscipliné et rétif. L’exercice du pouvoir est une relation d’insécurité réciproque. Le chef de l’État ne peut donner d’ordres que le peuple refusera de suivre. Peu importe que le président vienne de la gauche, comme Obama, ou de la droite, comme Bush, leur administration, pour se maintenir, doit trouver une niche qui n’est jamais loin du centre.

Pas un idéologue

Donald Trump, lui, vient de nulle part – le premier président à n’avoir aucune expérience politique ni militaire. Il a été élu par moins du quart de la population, et, pendant sa campagne, il s’est aliéné les huiles du parti républicain. Il devra être aussi prudent au pouvoir qu’il fut provocant en campagne.

De plus, Trump n’est pas, comme plusieurs républicains, un idéologue, ou un zélote. C’est un promoteur, un deal maker. Trouver des compromis est sa force.

De l’eau dans son vin

Alors on peut s’attendre à ce qu’il dilue la plupart de ses engagements. Son site web ne mentionne déjà plus la déportation des musulmans. Il parle déjà de conserver l’assurance maladie. Après avoir promis de se défaire de la gangrène les lobbies, il recrute les plus puissants pour préparer son gouvernement...

Avant de creuser le déficit, il va entendre Wall Street. Avant de déchirer les accords commerciaux, il va entendre les entreprises implantées en Chine. Déjà, le gouverneur de la Californie le met en garde au sujet de l’environnement.

Les années Trump seront aussi laides que l’homme lui-même. Mais elles ne seront pas la fin du monde.