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Le coffre-fort virtuel largué

La Ville de Québec a englouti 1,5 million $ dans l’aventure

Regis Labeaume
Photo Simon Clark Le maire de Québec, Régis Labeaume

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Après trois années d’essais infructueux et des investissements de plus de 1,5 million $, la Ville de Québec abandonne le controversé projet de coffre-fort virtuel, a appris Le Journal.

Sans tambour ni trompette, la Ville de Québec a mis fin à son entente de partenariat au cours des derniers mois avec la société française Almerys et sa division québécoise Asentri.

«Le projet pilote de coffre-fort virtuel a pris fin le 12 juillet 2016», a confirmé au Journal un porte-parole de la Ville de Québec, David O’Brien.

Lancé en grande pompe en mai 2013 par le maire Régis Labeaume, le projet pilote de coffre-fort virtuel avait pour but de fournir aux citoyens et aux entrepreneurs de Québec un service sécurisé de transactions électroniques de documents comme les comptes de taxes, les permis, etc.

Insuccès

À l’époque, le maire Labeaume parlait d’importantes économies à réaliser et de la création de nombreux emplois.

Le grand patron d’Almerys, Laurent Carreda, évoquait même des synergies pouvant atteindre 10 % de la masse salariale de la Ville.

Or, le projet n’a jamais connu de succès. Deux ans après son lancement, seulement 900 cartes d’accès à puce avaient trouvé preneurs sur 30 000 unités disponibles.

Au total, la Ville dit avoir investi 1,57 million $ dans ce projet, dont 1,2 M$ provenant du Fonds de développement économique.

« Un flop », dit Shoiry

Pour le chef de l’opposition à l’hôtel de ville, Paul Shoiry, le dossier du coffre-fort virtuel s’est avéré tout un «flop».

«C’est un échec total. Le maire s’est fait rouler dans la farine. C’est tout un œil au beurre noir pour celui qui se dit champion du développement économique», a-t-il résumé.

Chez Asentri, c’est le silence radio. Son DG, Pierre Lessard, demeure muet. Il n’a pas rappelé Le Journal, malgré les nombreux appels logés ces derniers jours.

Hier, lors d’une visite dans les bureaux d’Asentri sur le boulevard Laurier, personne n’était présent sur les lieux.

La Ville de Québec soutient qu’Asentri aurait un projet de construire un centre de données de 34 M$ pour héberger des serveurs dans le parc Colbert.

Paul Shoiry doute que ce projet fonctionne. «On entend dire que ce projet-là n’aura pas lieu», a-t-il indiqué.