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Percé ne veut pas de nouveaux commerces

La majorité des élus démissionnent suite au vote des citoyens

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Photo Justin Dupuis La Ville voulait attirer une dizaine de commerces sur une nouvelle rue, mais les citoyens n’en veulent pas.

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PERCÉ | Les citoyens de Percé ne veulent pas d’une nouvelle rue commerciale, ce qui a mené à la démission de la majorité du conseil municipal.

Dimanche, les citoyens de Percé étaient conviés aux urnes afin de se prononcer sur un règlement d’emprunt de 1,8 M$ destiné à redynamiser une partie du centre-ville de la petite municipalité gaspésienne.

Grâce à ces fonds, on souhaitait réaménager la rue menant au Géoparc, située en plein cœur de la ville, et y attirer une dizaine de commerces, une manière de donner un nouveau souffle à l’industrie touristique et à l’économie de Percé.

Le référendum en a décidé autrement puisque 56 % des 1698 personnes ayant voté se sont prononcées contre le projet.

Les opposants affirmaient que l’emprunt souhaité par la Ville aurait augmenté les impôts fonciers des citoyens.

Six élus partent

Six des neuf élus du conseil municipal ont donné leur démission à l’issue du référendum, laissant la mairie sans le quorum nécessaire afin de diriger la ville. Gemma Vibert, greffière de Percé, a confirmé au Journal que le ministère des Affaires municipales devra désigner un administrateur afin d’assurer l’intérim.

Le maire démissionnaire de Percé, André Boudreau a expliqué son geste par la «campagne de la peur» menée par ceux qui se font appeler les «vigilants». D’après lui, il s’agit d’un petit noyau de citoyens qui font une «opposition systématique» aux projets de la Ville depuis une dizaine d’années.

«Si les gens ont pris une décision aussi forte sur du placotage, des rumeurs [d’augmentation de taxes], alors que tout a été fait pour expliquer que le projet s'autofinance, je n’ai plus d’affaires ici, s’est-il désolé. C’est un peu la mentalité de Percé, il ne faut pas avancer trop vite ou trop en faire.»

La directrice de la Chambre de commerce de Percé, Maryse Mauger, a elle aussi qualifié de «très décevantes» les rumeurs d’augmentation des impôts fonciers qui ont mené au rejet du projet.

«C’était un projet qui apportait un nouveau souffle à Percé. On avait besoin de ça pour revitaliser la ville. C’est triste, mais c’est la peur qui a gagné», a-t-elle déploré.

« Le gros bon sens »

Deux des neuf élus s’opposaient au règlement d’emprunt, notamment Robert Daniel. D’après lui, le projet souhaité par la Ville aurait augmenté les impôts fonciers des citoyens.

«Pour 525 pieds [de rue], 1,8 million, c’est du gros luxe et faire payer ça par l’ensemble de la municipalité alors que ça aurait dû être une taxe de secteur, c’est là que ça ne fonctionne pas, a-t-il affirmé, précisant ne pas être contre le développement. C’est le gros bon sens qui a parlé. Les périphéries de Percé sont tannées de payer pour le centre sans jamais rien avoir en retour.»

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