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84 % des personnes âgées préfèrent ne pas se faire changer la nuit selon le ministre Barrette

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette.
Photo Simon Clark Le ministre de la Santé Gaétan Barrette.

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Quatre-vingt-quatre pour cent des personnes âgées préfèrent dormir dans leur urine plutôt que de se faire réveiller pour être changées, affirme le ministre de la Santé Gaétan Barrette.

C’est au micro de KYK 95,7 Radio X au Saguenay que le ministre a fait cette déclaration surprenante en s’appuyant sur un sondage effectué auprès des familles et des patients «capables de s’exprimer» en CHSLD.

De plus, le Dr Gaétan Barrette a affirmé qu’il n’existe aucun quota de couches et a insinué qu’il s’agissait d’une invention syndicale.

Voici quelques citations du ministre qui était invité à expliquer comment sera réparti le surplus budgétaire de 65 millions de dollars réinjecté dans les CHSLD.

No 1 «C’est 1150 employés de plus dans le réseau et comprenons-nous bien, il n’y a pas un sou là-dedans qui va aller dans l’entretien du bâtiment, qui va faire des bureaux de cadres, des choses comme ça là! C’est 1150 employés, des préposés, des infirmières auxiliaires, des infirmières et c’est clair que ça va faire une différence.»

No 2 «Il y a des endroits où il va y en avoir plus [des CHSLD]. On ne voit pas ça «par établissement». Vous avez vu dans les nouvelles la semaine dernière qu’il y avait un CHSLD qui avait une infirmière la nuit pour 175 patients. Ben ça, évidemment, d’abord c’est déjà arrêté. Quand on a vu ça, on a arrêté ça. En 2015, ce n’est pas maintenant qu’on l’a arrêté. Par contre, il y a encore des endroits où il y a ce genre de problème là et on va pouvoir corriger l’affaire.»

No 3 «Vous savez, jeudi et vendredi passé, on a fait un forum sur les meilleures pratiques et on a vu à quel point c’était l’organisation du travail qui était problématique d’abord et avant tout, en même temps qu’il y a la problématique du nombre d’employés, alors nous, on s’adresse aux deux. On s’adresse à l’organisation du travail et au nombre d’employés.»

No 4 «On a des gens dans des CHSLD qui sont venus nous montrer aux dirigeants du réseau parce que c’était ça l’objectif là, que ça se faisait bien donner des services, mais ça demande de l’organisation et ça, ça demande de la souplesse syndicale.»

No 5 «Il y a un CHSLD qui a demandé à ses syndicats à l’heure du repas de lâcher leurs affaires et de venir aider tout le monde au repas parce qu’en CHSLD un repas c’est une affaire un peu familiale, conviviale. Ce n’est pas parce qu’on est un type d’employé qu’on ne peut pas venir aider à l’alimentation. Dans ce CHSLD là, des gens ont témoigné, des usagers, pour dire à quel point ils étaient satisfaits et que ça se passait bien. Alors ça, c’est la combinaison de l’investissement qu’on fait, de l’organisation du travail et de la souplesse syndicale qui fait qu’on est capable, dans bien des endroits, de donner des services comme on devrait faire.»

No 6 «Ça n’a jamais existé [les patates en poudre]! Il y a eu un moment quand les légumes ont monté qu’il y a eu certains CHSLD qui ont utilisé des patates en flocons. Faites le tour des grands restaurants de votre région et demandez-leur si ce n’est pas ça qu’ils vous servent.

No 7 «Demandez à n’importe quel nutritionniste pour voir la qualité des patates en flocons. Des patates en flocons, ce n’est pas des patates en poudre! C’est des patates en flocons que les gens peuvent utiliser pour des raisons de facilité et sur le plan nutritionnel, du goût et de la texture, vous n’êtes pas capables de voir la différence. C’est impossible!»

No 8 «Pis les quotas de couches, ça n’existe pas! Aujourd’hui on vit dans un ère de confrontation perpétuelle avec le monde syndical et je trouve ça dommage, alors qu’on devrait travailler ensemble, où on raconte à peu près tout et son contraire et il n’y en a pas de quotas de couches! Ça n’existe pas!»

No 9 «Je vais vous donner un exemple. Écoutez là, vous allez peut-être être surpris et je suis sûr que vous allez l’être... Dans un CHSLD on a demandé aux gens qui étaient capables de s’exprimer et aux familles lorsque les gens n’étaient pas capables, parce que quand on est rendus à un certain âge, il s’en vend dans les pharmacies des culottes d’incontinence, il y a des gens qui vous écoutent qui en mettent tous les jours à la maison.»

No 10 «L’être humain il est fait que rendu à un certain âge, on a de la misère avec nos sphincters. Alors ces affaires-là [...] ce n’est pas demain matin que ça va disparaître. Ça fait partie de l’âge, de la vieillesse. Pas pour tout le monde, mais pour bien du monde!»

No 11 «Ils ont sondé dans un CHSLD, ils ont dit aux gens. On veut s’occuper de votre confort. C’est vraiment ça là! Les familles ont été rencontrées, les gens ont été rencontrés. Est-ce que vous préférez qu’on vous réveille la nuit pour vous changer ou vous préférez attendre au matin? Savez-vous combien de gens ont préféré attendre au matin? 84 %!»

No 12 «84 % des gens, parce qu’à un certain âge on se réveille à 3h du matin et on n’est plus capables de dormir avant le lendemain soir alors 84 % des personnes âgées ont dit: “Nous autres, on aime mieux filer jusqu’au matin pour avoir une bonne nuit de sommeil”.»

No 13 «À un moment donné, on peut tu, au lieu de s’occuper du journal le matin pis de la CAQ pis du PQ, on peut-tu prioriser ce que les gens demandent?»

No 14 «Ç’a été montré! Il y a des experts qui sont venus nous dire à quel point, par exemple les patients plus confus, à quel point une bonne nuit de sommeil diminuait l’agressivité, diminuait l’errement sur le plancher et ainsi de suite. C’est ça s’adapter aux gens!»

No 15 «D’abord, la nuit, les gens qui sont incontinents c’est du pipi. Vous remarquerez pour l’autre catégorie là, c’est quand vous allez manger.»

No 16 «La personne qui est en CHSLD elle qui choisit parce qu’elle préfère filer sa nuit plutôt que d’être réveillée, elle choisit ça! On est qui vous et moi pour dire à cette personne-là: “Ben c’est bien plate, mais moi je trouve que vous devriez être réveillée pareil.”»

No 17 «La réalité c’est qu’on demande aux CIUSSS de s’organiser pour évidemment que 1: l’argent aille à 100 % dans les services pas à 99 % et que ça se fasse en fonction des besoins. Il y a des CHSLD où la clientèle est totalement lourde mur à mur. Il y en a que c’est un peu différent. Il y en a qu’il y a des gens qui ont plus de besoins que d’autres, alors on leur demande de distribuer ça. Évidemment, l’argent va être distribué partout au Québec et comme il y a plus de besoins, en général, en région parce que la population est plus vieillissante, ben ça c’est de l’argent qui va aller plus encore en région que dans les grands centres.»

Voici quelques captures d'écran d'une présentation PowerPoint présentée lors du Forum sur les meilleures pratiques en CHSLD qui a eu lieu les 17 et 18 novembre dernier qui appuient les dires du ministre:

Écoutez l'intégrale de l'entrevue