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Les plus belles années d’Alex Harvey

Le fondeur de Saint-Ferréol entame sa nouvelle saison samedi en Finlande en pleine possession de ses moyens

Les plus belles années d’Alex Harvey
DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QU

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Dans un sport intraitable sur la perfection, la tête et le corps d’Alex Harvey l’autorisent maintenant à affirmer que la nouvelle saison lance les meilleures années de sa carrière.

À 28 ans, le Québécois dit avoir atteint la maturité physique pour le transporter durant les trois prochains hivers marqués par les Jeux olympiques de 2018 et deux championnats du monde, dont ceux en Finlande en février. Les hauts niveaux de forme atteints durant l’entraînement estival ne peuvent pas mentir, selon lui, à l’approche de la Coupe du monde de ski de fond qui débute samedi à Ruka.

«J’ai plus de stabilité physique et je l’ai très bien vu à l’entraînement. Des mauvaises journées, j’en ai presque plus», nous disait le skieur de Saint-Ferréol, rencontré avant son départ pour l’Europe où il vivra les quatre prochains mois.

«Entre 28 et 32 ans, c’est la plus belle période de sa carrière qui s’en vient pour lui», témoigne son entraîneur Louis Bouchard.

675 heures d’entraînement

À l’œil, la carrure du dos et des épaules illustre clairement la différence gagnée sur l’an dernier. Durant les deux mois suivant une double opération subie en avril 2015 afin de débloquer ses artères iliaques, Harvey avait dû s’interdire tout travail en musculation. Pas cette année.

Les six derniers mois ont bonifié un bagage propre à celui d’un athlète qui amorce sa huitième saison complète en Coupe du monde. Si la chirurgie de l’an dernier l’avait plafonné à 635 heures d’entraînement, la charge de cette année atteindra quelque 675 heures au terme du cycle en mars prochain, la plus grande proportion étant consacrée depuis mai jusqu’à aujourd’hui.

«Je suis maintenant plus capable d’absorber l’entraînement», émet le fondeur, qui vise demeurer dans le coup à chaque course de l’hiver pour appartenir au groupe des 10 premiers au cumulatif à la fin de la saison.

«J’espère être satisfait dans le maximum de courses en ayant exécuté toutes les petites choses que je voulais faire. En fait, j’espère contrôler tout ce que je peux contrôler: bien tester mes skis, bien me préparer à chaque semaine et écouter mon corps pour arriver aux courses dans les meilleures dispositions.»

Dernier tiers

Avec cinq «top 10» au classement final dans les six dernières saisons, dont sa troisième place en 2014, Harvey réalise plus que jamais la nécessité de s’accomplir maintenant qu’il entre dans le dernier tiers de sa carrière.

«C’est pour ça que je veux m’assurer de bien faire chaque chose, répète-t-il. Depuis que j’ai 16 ans, je me dédie corps et âme à mon sport. J’ai appris des choses et j’ai maintenant un bagage d’expérience, alors je m’assure de faire les choses du mieux que je peux pour obtenir les résultats espérés.»

Sprint par équipe: une carte de plus en main

Alex Harvey pourrait avoir trouvé un atout supplémentaire pour gonfler sa collection de quatre médailles aux prochains championnats du monde en Finlande.

Candidat au podium autant dans les épreuves de distance qu’en sprint individuel, il pourrait redevenir un aspirant sérieux au sprint par équipe avec le retour en forme de Len Valjas. Le Torontois de 6 pi 6 po, qui s’est fait oublier depuis le dernier de ses cinq podiums en Coupe du monde en janvier 2013, semble avoir retrouvé son niveau en adhérant cette année au modèle d’entraînement de Louis Bouchard, promu entraîneur-chef de l’équipe canadienne.

«Ça me donne une carte de plus», affirme Alex Harvey, au sujet de la paire projetée avec Valjas.

Étincelle retrouvée

Avec des médailles d’argent et de bronze en sprint individuel et une de bronze au skiathlon de 30 km lors des deux derniers mondiaux en 2013 et 2015, le Québécois pourrait avoir retrouvé la même étincelle dans le sprint par équipe que celle lorsqu’il avait remporté le titre mondial avec Devon Kershaw à Oslo en 2011. Après avoir terminé au pied du podium avec Kershaw en Italie en 2013, Harvey avait fait l’impasse sur cette épreuve à Falun en 2015, faute de partenaire de qualité.

Cette fois, il devrait tester cette nouvelle association avec Valjas lors de la seule occasion de le faire, le 15 janvier à Toblach, mais on peut déjà annoncer que ce duo s’élancera à cette épreuve aux mondiaux de Lahti six semaines plus tard.

«Len a le même âge que moi et il vieillit lui aussi. Il sait qu’il n’en a plus pour 10 ans. Il a eu de bons résultats dans sa carrière et il sait bien que c’est une émotion que tu ne peux pas acheter que de monter sur le podium. Ça ne lui est pas arrivé depuis 2013, alors c’est sûr que c’est une sensation qui lui manque.»