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Alex Harvey choisit Salomon

Le fondeur québécois largue le fabricant de skis Fischer pour passer chez son rival français

Alex Harvey a pris un tournant important dans sa carrière en optant pour une nouvelle marque de skis.
Photo Didier Desbusschère Alex Harvey a pris un tournant important dans sa carrière en optant pour une nouvelle marque de skis.

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La conviction de filer sur des skis plus rapides n’a pas de prix pour Alex Harvey qui a choisi de rompre son lien avec le fabricant Fischer pour passer chez le concurrent Salomon.

Pour demeurer dans le gotha mondial du ski de fond, chaque détail compte et le Québécois a évalué que le plus important qu’il devait changer à moins de deux ans des Jeux olympiques se trouvait sous ses pieds. Même s’il lui restait une année de contrat avec l’équipementier autrichien Fischer, il l’a déchiré pour en signer un nouveau de trois ans avec le rival français Salomon.

Suggestion des farteurs

«Ça a coûté de l’argent, mais ça fait partie de la «game»», nous a-t-il avoué, sans révéler de montant, avant son départ de Québec pour la prochaine saison.

Ce transfert s’est amorcé au lendemain de la finale de la Coupe du monde à Canmore, au printemps dernier. Les farteurs de l’équipe canadienne l’avaient à ce moment informé que, selon les comparaisons effectuées après chacune des courses durant l’hiver, les skis Salomon de son ex-coéquipier Ivan Babikov avaient toujours offert un meilleur rendement que ceux de Harvey, Devon Kershaw et Len Valjas, tous trois sur Fischer. «C’est ton devoir professionnel d’aller à tout le moins les essayer», lui ont suggéré les spécialistes techniques de l’équipe, une requête à laquelle Salomon a vite répondu en l’invitant à une série de tests dans les Alpes françaises durant quatre jours en avril.

De la «business»

«J’ai apporté les meilleurs skis Fischer que j’avais utilisés en Coupe du monde dans les deux dernières années et je leur ai dit: ce n’est pas compliqué, il faut que vous battiez ça», raconte Harvey.

Cet essai avec le manufacturier français s’est avéré convaincant. Une flotte de plus de 45 paires de skis, testées dans le maximum de conditions sur des glaciers et dans les complexes intérieurs de neige artificielle, lui ont été préparées en vue du lancement de la Coupe du monde, samedi, à la station de Ruka en Finlande.

Le skieur de 28 ans devient l’un des ambassadeurs du fabricant, le pendant en Amérique du Nord du Français Maurice Manificat, cinquième au cumulatif de la saison dernière. Cette entente, valide à tout le moins jusqu’à la Coupe du monde prévue à Québec en décembre 2019, s’accompagne de commandites en argent et en services.

Un nouvel épisode s’écrit dans la carrière de ce skieur qui avoue pourtant n’avoir jamais eu l’idée d’opter pour de nouvelles planches.

«C’est la «business», justifie-t-il. Et moi, je suis dans la «business» d’aller le plus vite possible en ski de fond, alors ça passe par des skis qui me permettent d’aller le plus vite possible.»

Les critiques de fartage font désormais partie du passé

À l’origine de plusieurs zones de turbulence dans le passé, les skis ne s’annoncent plus comme un sujet public de discussion dans l’entourage d’Alex Harvey et de l’équipe canadienne.

L’accalmie promise n’est pas nécessairement liée au passage du Québécois dans le camp Salomon, mais davantage à la sagesse, semble-t-il. Dorénavant, le sujet du fartage après les courses sera analysé par le spécialiste de l’équipe, Yves Bilodeau, et l’entraîneur-chef, Louis Bouchard.

«J’ai toujours voulu m’exprimer sans filtre. J’ai toujours été comme ça, mais à partir de cette année, le plan sera différent», assure Harvey, parfois critiqué pour avoir justement trop critiqué le fartage.

Nouveaux venus

En plus du soutien technique que lui accordera le fabricant Salomon, le savoir-faire de deux farteurs, italien et slovaque, s’est ajouté dans l’équipe canadienne. La venue de ces spécialistes de l’adhérence pourrait diminuer les risques de se tromper lors des enjeux importants, comme ce fut le cas notamment aux Jeux de Sotchi.

«Je suis conscient que ça va arriver quelquefois durant l’hiver, mais le but c’est que ça n’arrive plus dix fois», espère la locomotive de l’équipe nationale.

L’entrée de Browne

Par ailleurs, la Québécoise Cendrine Browne effectuera son entrée officielle en Coupe du monde, samedi, en Finlande. Cette athlète est la seule autre du Centre national d’entraînement Pierre Harvey à avoir obtenu ce statut.

La skieuse originaire de Saint-Jérôme arrive dans une nouvelle ère féminine. Le Canada offre à la relève l’occasion de se faire valoir d’ici aux Jeux olympiques de 2018 et Browne fait partie du premier contingent avec deux spécialistes des épreuves de distance comme elle, soit Emily Nishikawa et Dahria Beatty.

La sprinteuse Maya Macisaac-Jones complète ce quatuor qui sera jugé sur ses résultats durant la première moitié de saison pour espérer participer aux championnats mondiaux à Lahti en février.

«Celle qui terminera au moins une fois dans le top 30 d’ici aux Fêtes sera probablement blindée. C’est réaliste pour elles, mais ça représente un bon défi», précise l’entraîneur Louis Bouchard.